Un respirateur artificiel appartenant au service hospitalier public, et se trouvant depuis quelques jours  au Wellkin Hospital (ancien Apollo-Bramwell), donne lieu à une polémique. L’appareil a été déplacé de l’hôpital de Flacq vers l’établissement privé car un bébé dans un état critique en avait besoin. Mais voilà, cet appareil est destiné aux cas d’urgence à l’hôpital de Flacq. « Que serait-il passé si on avait besoin de cet appareil ?? » questionnent des membres du personnel soignant.
Le déplacement d’un respirateur artificiel de l’hôpital de Flacq vers le Wellkin Hospital a-t-il été effectué en catimini ?? « Pas du tout », rétorque le ministère de la Santé. « Il y a eu demande officielle du Wellkin Hospital pour l’emprunt de cet appareil en vue de sauver un enfant dont l’état de santé était très critique. Nous sommes contents d’avoir aidé à sauver la vie d’un enfant », ajoute l’autorité. « There will be no comment at all for the time being », a répondu au Mauricien hier après-midi le service de communication du Wellkin Hospital.
Selon nos informations, dans une correspondance envoyée au ministère de la Santé le 1er août, le Wellkin Hospital fait état de la « santé très critique » d’un enfant, d’où sa demande pour l’obtention d’une « high frequency occilatory ventillation machine » en emprunt. Le ministère a alors prêté celui de l’hôpital de Flacq. « Avant d’agréer à la demande, nous avons réclamé d’autres informations », poursuit cet interlocuteur au ministère. « On nous a dit qu’on ne pouvait transporter le bébé vu son état critique. Sur une base humanitaire, et aussi pour sauver la vie de cet enfant, nous avons accepté de prêter cet appareil », affirme un des responsables du ministère. « Si on n’avait pas fait ce geste et que, par la suite, l’état de santé de l’enfant s’était détérioré, on nous aurait blâmés. »
L’appareil prêté par le ministère de la Santé fait partie des équipements devant être installés dans la nouvelle Neo Natal Incentive Care Unit, toujours en préparation et pas encore opérationnelle. Des médecins de l’hôpital de Flacq font part de leurs réserves au sujet du déplacement de cet appareil vers un établissement privé, parce qu’il s’agit, selon eux, d’un équipement d’une extrême importance dans des situations d’urgence et qu’il devrait donc « être disponible à tout moment ». Ils citent ainsi le cas de ce bébé né prématurément cette semaine dans cet hôpital et nécessitant des soins spécialisés. « C’est très grave ce qui est arrivé. Que ce serait-il passé si on avait besoin de cet appareil pour ce bébé né prématurément ?? » questionnent des membres du personnel soignant.
Des médecins et des infirmiers mécontents se demandent pourquoi le ministère n’a pas suggéré à l’hôpital Wellkin de transférer son patient vers le service public afin de recevoir les soins nécessaires, au lieu d’agréer une demande d’emprunt de ce respirateur artificiel. « Selon nos renseignements, le bébé se trouvait dans une situation très sensible et délicate et on ne pouvait le transporter », répond une source autorisée du ministère, qui ajoute que « l’appareil n’était pas en service au moment où on l’a prêté ». S’agissant du bébé né prématurément, les responsables de la Santé affirmaient hier après-midi que son état de santé serait stable.
Le respirateur artificiel est toujours en possession du Wellkin Hospital et la direction de l’établissement privé refuse de faire des commentaires sur cette affaire. Le service de communication de Wellkin a refusé de répondre aux questions du Mauricien, mettant en avant la notion de confidentialité concernant le traitement de tout patient. « Nous préparons un communiqué de presse et nous reviendrons vers vous », nous a répondu un des responsables de la communication.