Comment se fait-il que la direction à un poste clé soit assurée par intérim pendant plus de cinq ans? C’est la question que se posent plusieurs médecins au sein du service hospitalier public. D’autant que la personne occupant ce poste p.i. depuis 2009 ne remplirait pas, selon les contestataires, les critères pour y être éligible et qu’on outre, sa gestion est controversée. Le bon sens du ministère de la Santé est sollicité par les médecins urgentistes et par les anesthésistes du service public qui se sentant lésés, réclamant que le poste du directeur du SAMU soit « advertised » et qu’un recrutement en bonne et due forme soit effectué pour permettre à ceux, nombreux, qui possèdent les qualifications et compétences nécessaires de postuler.
La frustration est, en effet, grandissante au sein du département des Urgences au sein du service hospitalier public, où les langues se délient aujourd’hui quant au poste assuré depuis 2009 par un Senior Emergency Physician qui n’aurait pas cependant, selon les contestataires, les qualifications nécessaires. D’une part, font ressortir les contestataires, qui ont déjà fait parvenir leurs doléances au ministère de la Santé, le poste de directeur du SAMU est depuis trop longtemps assuré par intérim. D’autre part, les qualifications de l’actuel directeur p.i. ne cadre pas avec les critères recommandés par la Public Service Commission (PSC) pour ce poste.
Selon eux, à l’époque des recrutements pour le service du SAMU à Maurice, ils étaient quelque 25, dont l’actuel directeur p.i. à postuler et à avoir été pris dans le service. Si 24 d’entre eux ont suivi une formation de l’université de Bordeaux, avec des internats dans tous les départements spécialisés des hôpitaux mauriciens, l’actuel directeur du SAMU n’a, lui, pas effectué ce même parcours. Il disposait simplement d’une attestation et aurait suivi des cours dans d’autres hôpitaux étrangers où il a également reçu des attestations. Cependant, en 2009, au départ du directeur du SAMU, le poste vacant a été alloué au Senior most Emergency Physician alors que, selon les contestataires, d’autres senior doctors étaient dans le service avant le recrutement de l’actuel directeur p.i. du SAMU. D’où la frustration parmi ces médecins qui disposent de plusieurs années de service dans le domaine, voire plus que l’actuel directeur p.i. du SAMU.
D’autres contestataires font ressortir que, selon les nouvelles régulations du PRB, ce poste revient également de droit aux anesthésistes, suivant les critères que recommande la PSC. Cependant, au vu de la situation, les anesthésistes se sentent lésés car en dépit des recommandations, la direction à ce poste reste toujours p.i. depuis 2009.  Ils réclament ainsi que le ministère de la Santé se penche au plus vite sur cette situation qui crée une frustration grandissante parmi les médecins.
Selon eux, la gestion du SAMU laisse à désirer. Outre les manquements au niveau matériel, à l’instar de l’achat de nouvelles ambulances et les abus concernant les heures supplémentaires en raison du manque d’effectifs dans le département, les contestataires déplorent qu’une poignée de médecins, toujours les mêmes, proches de l’actuel directeur du SAMU, bénéficient de formations à l’étranger. Le malaise face à cette situation est palpable dans le service.
« Il est grand temps que ce poste soit enfin advertised pour qu’une personne méritante l’occupe », disent les médecins du public, estimant que le ministère de la Santé est en devoir de s’attarder sur le bon fonctionnement de ses départements pour assurer un service de qualité à la population. « Si un directeur n’est pas qualifié, il ne peut pas continuer à rester en poste parce qu’il a été nommé sur on ne sait quelle base. Cinq ans, c’est trop pour un intérim. Au bout d’un an, le poste aurait dû être advertised et un recrutement en bonne et due forme effectuée pour que les personnes les plus méritantes puissent opérer selon leurs compétences à des postes qui leur reviennent », disent-ils.