La Mauritius United Nations Association lance une nouvelle campagne intitulée Human Organs, Cells and Tissues Donation & Transplant Awareness and Advocacy Campaign. Cette démarche vise à conscientiser la société sur l’importance du don d’organes afin de sauver des vies. L’organisation plaide également auprès des autorités pour présenter de nouvelles lois et réglementations pour rendre ce processus plus transparent et aisé en vue d’éviter des dérapages.
À Maurice l’on compte plusieurs personnes qui souffrent d’insuffisance rénale et d’autres maladies qui demandent une greffe d’organes. La transplantation constitue pour bon nombre de malades la meilleure solution pour mettre fin à leurs souffrances, mais le don d’organes reste rare dans notre pays. C’est pourquoi la Mauritius United Nations Associations insiste pour sensibiliser le plus possible sur cette question. À travers cette campagne de conscientisation, indique Nundkeswarsingh Bossoondyal, le directeur de l’organisation, l’on veut briser le tabou autour de cette question et faire réaliser aux gens la noblesse de cette action qui peut sauver des vies. « Nous avons plusieurs patients qui sont sur une liste d’attente depuis des années pour avoir recours à une greffe d’organe. Ceux qui ont les moyens peuvent se rendre à l’étranger alors que d’autres attendent des années et souvent en vain », souligne M. Bossoondyal. « Quand nous parlons de dons d’organes, les gens ont la mauvaise impression qu’ils sont en train de donner une partie d’eux-mêmes à un étranger, nous voulons leur faire comprendre l’importance de cette action ».
Outre sensibiliser la population sur ce geste, la United Nations Association of Mauritius veut aussi lancer un appel au gouvernement en termes de législations concernant le don d’organes. En 2006, souligne le directeur de l’organisation, une loi dans ce sens avait été votée. La Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Act n’a cependant pas encore été promulguée. Cette loi vise à faciliter le prélèvement d’organes sur des volontaires ou des personnes décédées avec l’autorisation de leur famille. L’association plaide ainsi auprès du gouvernement pour mettre en pratique cette législation afin de faciliter le processus. « Les gens ne font pas de don d’organes par manque d’information et par peur, les législations et règlements appropriés viendront éclaircir toute confusion et appréhension sur la question », estime notre interlocuteur. De plus, dit-il, ce sera un moyen de contrôler afin qu’il n’y ait pas de dérapages et d’abus. À noter que depuis 1991, date des premières transplantations de reins dans le secteur public, à ce jour, seulement quelque 300 dons d’organes ont été enregistrés. Pour ce qui est de la cornée, les premières greffes à Maurice remontent aux années 80 et les greffons arrivaient d’Afrique du Sud. La banque des yeux est un vieux projet du Lions Club qui attend d’être concrétisé avec la promulgation de la loi.
Dans le cadre de cette campagne de sensibilisation, la United Nations Association of Mauritius compte toucher les collèges, les associations ainsi que des familles. Des causeries, la distribution de tracts, des posters, des émissions à la télévision et à la radio sont prévus.