Mme M.N.V. est morte en octobre 2010 des suites d’une lipossucion effectuée par un chirurgien travaillant dans le service public mais dans une clinique privée du Nord. Agée de 41 ans, la patiente se fait opérer le 22 octobre et, selon le rapport du chirurgien, l’opération se passe très bien et la patiente se remet normalement. Mais le 25 octobre, elle commence à se plaindre de douleurs abdominales au point que des examens sont effectués par plusieurs médecins. Ils diagnostiquent une péritonite et prennent la décision de la transférer d’urgence dans un hôpital. Mme M.N.V. est admise à l’hôpital Victoria où de nouveaux examens confirment la péritonite et révèlent, entre autres, l’existence de deux perforations dans son intestin. Malgré les soins donnés en ICU, où elle a été admise, Mme M.N.V. meurt le 29 octobre en début d’après-midi.
Les circonstances de cette mort étant suspectes, une enquête est ouverte par un comité nommé par le ministère de la Santé en novembre. Le 12 novembre, il arrive à la conclusion que Mme M.N.V. est morte des suites de la perforation de son petit intestin « which is likely to have been caused by an instrument used during the surgical procedure » – la liposuccion. C’est cette perforation qui a provoqué une péritonite, puis une septicémie et, finalement, la mort de la patiente. Le comité recommande que le cas soit référé au Medical Council pour une enquête approfondie et qu’en attendant ses conclusions, le chirurgien mauricien concerné soit interdit de pratiquer des liposuccions dans les institutions de santé publiques et privées.
Ce n’est que  le 25 février 2011, soit plus de 3 mois plus tard, que la décision du comité est mise en pratique. Et ce n’est que cette semaine, soit plus d’un an après le décès de Mme N.M.V., que le dossier a été confié au Médical Council. Raison de ce long retard: le délai pour obtenir l’autorisation de la PSC pour enquêter sur un médecin du service public. Espérons que le Medical Council fera diligence dans cette affaire, d’autant que d’autres accusations pourraient être bientôt portées contre ce chirurgien… dont la caractéristique semble être de rater ses opérations faites dans le privé et d’essayer de les rattraper dans le service public.
Cette affaire était déjà scandaleuse, arrivons-en maintenant à sa partie la plus  révoltante. Savez-vous quand la décision prise par le ministère de la Santé de référer le cas au Medical Council pour une enquête approfondie a été exécutée?  Je vous le donne en mille: le 25 février 2011, soit plus de 3 mois plus tard.  Et savez-vous à quelle conclusion est arrivé le Medical Council dans cette affaire, plus d’une année après les faits? A aucune, puisque le ministre de la Santé l’a déclaré en répondant à la PNQ du Leader de l’Opposition: « I am informed that after several complications with regard to this case, the enquiry is still ongoing by the Medical Council. » C’est-à-dire que plus d’un an après la mort de Mme M.N.V.,  le Medical Council enquête toujours sur les causes de son décès qui sont écrites noir sur blanc dans le rapport du comité déposé le 12 novembre 2010.
Résumons ces conclusions: la patiente est morte des suites d’une perforation de son petit intestin par un instrument utilisé pendant la liposuccion. Ce n’est pas en prenant des mois pour enquêter sur un rapport médical que le Medical Council accomplira sa mission qui est, selon son site web, de « continually promote and regulate good practice of medicine commensurate with highest international quality and standards, with the objective of safeguarding the interests of patients, the medical profession and the public at large. » Sa lenteur dans cette enquête pourrait laisser croire qu’au lieu de défendre les intérêts des patients, le Medical Council s’occupe surtout de protéger ses membres, même ceux qui ont violé le serment d’Hippocrate. Dans certains cas, la lenteur et le silence sont des formes de complicité.