Plate-forme de libre expression artistique, espace de rencontre, occasion de partage et moment de découverte : le Santosha Refuge a été imaginé pour être une oasis d’amour, d’amitié et de tolérance autour de la culture. Ici, musiciens et plasticiens se font entendre et s’exposent dans un esprit de partage, le temps d’une rencontre décontractée tenue dans une ambiance de pique-nique familial.
Situé à quelques mètres de la plage publique de Tamarin, le projet monté par Jason et Starr Tonkin dans la cour de la maison qu’ils occupent prend déjà la forme d’une communauté internationale.
Au fil du temps, quelques règlements de base se sont avérés nécessaires pour veiller au respect de l’esprit des lieux. Rien de compliqué; simplement, quelques règles d’or auxquelles veillent les propriétaires. Comme celle qui exige que tous ceux qui franchissent le portail du Refuge laissent derrière eux “leurs bagages”.
Une fois à l’intérieur, il n’y a plus de rang social, plus de race ou de communauté, plus de prétexte de division, “mais simplement des hommes et des femmes qui se ressemblent, qui sont sur un pied d’égalité et qui ont les mêmes besoins”.
Zen.
Le Santosha Refuge est avant tout une belle expérience humaine. Imaginé il y a un an pour être un espace de rencontre et de découverte, le projet a pris des dimensions plus ambitieuses, sans dévier de ses premiers objectifs. Monté dans la cour de la case en bois et en tôle qu’occupent Starr et Jason Tonkin et leurs quatre enfants, le refuge est devenu une plate-forme où des artistes connus, méconnus et inconnus se produisent régulièrement en live et où des plasticiens accrochent régulièrement leurs oeuvres. Tout cela, dans une ambiance conviviale et décontractée; les amis et leurs amis sont toujours les bienvenus. Nous sommes loin de l’atmosphère chic et glamour des pubs branchés.
Ceux qui s’y retrouvent viennent pour faire de la musique, en écouter, chanter, discuter, échanger et partager, dans une ambiance zen et fraternelle. Dans un monde où “tout va sens dessus dessous”, Jason Tonkin et son épouse voulaient d’une oasis “d’amour, de paix et de respect. Nous voulions créer un espace de tolérance où les gens vivraient heureux ensemble avec leurs différences”.
L’expérience avait débuté avec la musique comme prétexte. Jason et Starr Tonkin avaient commencé par inviter des amis les dimanches pour des rencontres musicales. Une petite scène pour accueillir les jams et les boeufs, des chaises placées dans la cour où l’on circule sans formalité : tout s’est rapidement mis en place. “Nous avons laissé grandir l’énergie du projet sans qu’il n’y ait aucune planification de notre part. Les choses ont évolué au fur et à mesure.”
Soutien bénévole.
Désormais, les habitués se retrouvent au Refuge presque tous les dimanches lorsque l’invitation est lancée. Un événement musical majeur est organisé au moins une fois par mois. L’on y vient en prévoyant sa consommation pour la soirée avec, en contrepartie, un soutien bénévole apporté aux propriétaires des lieux, aux musiciens et autres projets de solidarité. Rien de formel : le temps que durent les rencontres dans le Refuge, libre à chacun de faire de nouvelles connaissances et de nouer de nouvelles relations. Les lieux accueillent aussi bien des locaux que des expatriés ainsi que des touristes de passage. “Nous avons voulu que le refuge soit composé d’une communauté internationale d’individus liés par l’amitié.”
Xbreed Supersoul, Damien Elisa, Jack Lagan et Fusionnal Mind sont parmi les habitués du Santosha Refuge. Mais sa scène n’est pas uniquement destinée aux artistes confirmés. Elle accueille avec le même enthousiasme les talents émergents et les artistes souhaitant s’exprimer. “Ici, les musiciens ne viennent pas pour divertir le public. Ils viennent jouer pour se faire plaisir et le partager avec les personnes présentes”, souligne Jason Tonkin. Si la musique est un prétexte pour réunir les gens, le propriétaire des lieux veut aussi aider à promouvoir la culture de la live music à Maurice.
De la même manière, avec le soutien du plasticien Gaby Steel, le Refuge permet aux plasticiens d’exposer leurs oeuvres. Des peintures sont réalisées en temps réel lors de rassemblements. D’autres idées émergeront et se concrétiseront à partir de ce qui a déjà été monté à Tamarin. “Nous considérons le Santosha Refuge comme un projet pilote qui, petit à petit, se développera dans l’intérêt de tous, à travers d’autres initiatives qui seront montées ailleurs.”
Contentement.
L’idée d’un tel espace est venue à Jason et Starr Tonkin durant le séjour que ces Sud-Africains ont effectué à Taïwan. Ils y avaient découvert un concept similaire dans la ville de Taichung. “L’endroit s’appelait The Refuge et nous l’avons fréquenté régulièrement pendant deux ans”, confie Jason Tonkin, dont la mère est Mauricienne.
Le couple, qui se dit triste devant les hommes qui se divisent, a développé le même projet à Maurice pour offrir une vision plus large à leurs enfants et pour contribuer à leur léguer un monde meilleur. “Parce que nous sommes convaincus que les réponses aux problèmes ne se trouvent pas entre les mains des autorités. Elles se trouvent à l’intérieur de chacun de nous. Si nous le voulons, nous pouvons faire la différence en commençant des choses à notre niveau.”
Santosha signifie contentement. Cette expression sanskrite avait été accrochée sur un panneau par l’un des anciens locataires de la maison qu’occupent les Tonkin. Le bruit des vagues de la plage de Tamarin fait partie de l’atmosphère baignée de quiétude. Pour l’instant, la famille s’adonne à ses occupations habituelles. Très bientôt, des invités venant de différentes parties du pays et du monde franchiront la grille d’entrée pour partager une tranche de vie de la famille et de ceux qui appartiennent à la communauté du Santosha Refuge…