À Maurice au début du mois dans le but de renouveler le partenariat entre l’Indian Council for Cultural Relations (ICCR) et le Mahatma Gandhi Institute, Satish Mehta, directeur général de l’ICCR, a eu l’occasion de passer en revue les activités de l’Indira Gandhi Cultural Centre for Indian Culture (IGCIC). « L’IGCIC est le porte-drapeau des centres culturels que nous avons à travers le monde », observe-t-il.
Quel est le but de votre visite à Maurice ?
L’objectif principal de ma visite à Maurice était de signer la convention de coopération pour le renouvellement de la chaire que nous avons avec Mahatma Gandhi Institute (MGI) concernant le All india studies pour l’enseignement du sanskrit et de la philosophie. L’accord prend effet à partir de la rentrée académique 2014-2015 et est valable pour les trois prochaines années. Le directeur général du MGI et moi-même avons signé cet accord le 12 mai.
Vous avez eu une rencontre avec diverses associations sociales et culturelles de Maurice au siège du centre Indira Gandhi pour la culture indienne à Phoenix. Comment s’est passée cette rencontre ?
C’était une réunion très utile pour moi. Une occasion de rencontrer, d’écouter et de s’engager avec toutes ces associations allant des socioculturelles aux groupes d’écrivains. C’était très enrichissant et j’ai constaté beaucoup d’enthousiasme de la part de toutes ces personnes pour promouvoir la connaissance et la compréhension de la civilisation indienne, ses langues et traditions que nous avons en commun avec Maurice. Maurice n’est pas l’Inde géographiquement parlant, mais le sens de l’indianité y est très fort. Je dois dire que beaucoup a été fait dans ce sens au point où, nous, l’Inde, nous avons beaucoup à apprendre de vous. Vous avez de bonnes idées. Je pense que c’est un processus à double sens : nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres et nous pouvons travailler en étroite collaboration pour améliorer ce qui se fait. Nous avons un programme très étoffé concernant la préservation et la promotion de plusieurs langues qui pourront se faire à travers des séminaires et des conférences. Je repars avec pleins d’idées et un grand sens de satisfaction.
Y aura-t-il plus de collaboration entre l’ICCR et les associations locales ?
Nous avons déjà une collaboration très étroite. Nous devons voir comment mettre en oeuvre les décisions déjà prises. Je suis convaincu que beaucoup de belles choses sortiront de cette collaboration.
Êtes-vous satisfait du travail de l’IGCIC dans la promotion de la culture indienne ?
L’IGCIC est le porte-drapeau des centres culturels que nous avons à travers le monde avec sa magnifique architecture et une équipe dynamique. Il propose un grand nombre d’activités : le yoga, la danse, la musique, le chant et un ciné-club parmi tant d’autres. Il accueille régulièrement des spectacles divers et organise des expositions. Néanmoins comme pour toute autre chose, on peut faire encore plus. Avec le haut-commissaire indien à Maurice de même que les différentes associations socioculturelles et le MGI, nous allons voir comment accroître les activités.
Y a-t-il déjà de nouveaux projets en vue ?
Comme je vous l’ai dit, on vient de signer pour la chaire pour une période de trois ans et il y a un certain nombre de demandes. Nous allons voir comment répondre à tout cela. Je suis sûr que quelque chose de bien en sortira. Je constate que beaucoup est fait par les Mauriciens pour retenir leur patrimoine culturel : c’est un signal fort pour les sociétés. Cela permet de voir qu’il est possible de travailler et de vivre en harmonie tout en maintenant son identité singulière. C’est ce qui apporte les différentes saveurs à la vie.
En tant que directeur de l’ICCR, comment voyez-vous l’intégration des Indiens à travers le monde ?
Nous avons des centres culturels un peu partout à travers le monde et là où nous n’en avons pas, nous travaillons beaucoup avec les ambassades et d’autres interlocuteurs en ce qui concerne les arts du spectacle. Nous y envoyons des troupes indiennes et nous recevons des troupes étrangères en Inde. Des formations et des expositions sont organisées au sein de nos centres culturels et nos missions à l’étranger. Il y a des choses qui se font. Sur le plan intellectuel aussi, il y a beaucoup qui est fait. Nous devons promouvoir et soutenir les bonnes idées. En mars 2014, nous avons pris les devants et nous avons organisé une conférence en Inde intitulée « The relevance of traditional culture for the present and the future ». Elle portait sur la préservation des cultures traditionnelles de chaque société. Nous avons eu la participation des chercheurs d’une vingtaine de pays pour parler et réfléchir sur la question et pour voir ce qui pourrait se faire pour les protéger davantage et favoriser leur intégration dans le développement de la société. Il s’agissait de voir comment maintenir cet équilibre qui est souvent marquant et cela ne peut se faire qu’à travers un processus intellectuel d’abord.
Est-ce que le lien entre l’Inde et sa diaspora est marquant ?
Oui, comme je l’ai dit déjà, il y a le sens de l’indianité qui existe à travers le monde. L’idée est de permettre à tout un chacun de vivre son indianité tout en évoluant harmonieusement dans la société où il a choisi de vivre. Il y a un vieil adage qui dit « you can take an Indian out of India but you can take India out of an Indian ». Et cela s’applique partout. À Maurice par exemple, je peux voir beaucoup d’amour et d’affection pour l’Inde et cela traverse les communautés. C’est très touchant.
Il y a le Pravasi Bharatya Divas qui a lieu tous les ans. Quelle est la participation de l’ICCR dans sa tenue ?
Nous contribuons à l’organisation de cet événement qui est fait par le ministre des Affaires d’outremer de l’Inde et nous nous occupons de la dimension culturelle. C’est un événement très important de notre calendrier qui a lieu du 7 au 9 janvier tous les ans.