La sécurité des transfusions sanguines et le soutien technologique aux États membres constituent les priorités dégagées lors du 6e congrès de la Société africaine de Transfusion sanguine (SATS). Le Dr J.B. Tapco a affirmé hier lors d’un point de presse au Méridien, peu après la clôture du congrès, que l’objectif prioritaire est d’avoir plus de donneurs de sang bénévoles. Maurice figure parmi les pays où le nombre de donneurs volontaires a augmenté passant de 20 000 en 1998 à 88 000 en 2011.
Le nombre de donneurs non volontaires ne représente aujourd’hui que 20 % des donneurs de sang. La demande en sang s’accroît d’année en année en même temps que l’essor de la médecine de pointe, note le Dr J. Sonoo, de la National Blood Transfusion Service. Elle s’est réjouie du réseau tissé ces derniers jours avec d’autres spécialistes de l’étranger.
Le Dr J. Sonoo souligne aussi que ce congrès, le premier du genre à Maurice, a permis des échanges d’expériences et de connaissances car, dit-elle, l’on note un besoin de formation dans notre région. Les interventions cardiaques, les maladies congénitales du sang, dont la thalassémie, la thérapie cellulaire, les transplantations d’organes, engendrent une demande croissante de produits sanguins. C’est aussi le cas pour les patients cancéreux qui ont besoin de transfusion sanguine pendant leur chimiothérapie.
Le ministère de la Santé étudie actuellement le rapport qu’a soumis le Pr Carter, un Consultant de l’Organisation mondiale de la santé, (OMS) en vue d’élaborer une politique concernant le laboratoire du National Blood Transfusion Service (NBTC) visant à accroître l’efficacité et la qualité des services. Figure également à l’agenda « la mise en oeuvre d’un « legal framework ».
Le Dr Sonoo a par ailleurs indiqué que, lors de la journée mondiale des donneurs de sang le 14 juin, les jeunes seront ciblés. Les transfusions sanguines sont en effet incontournables pour sauver des vies de patients blessés après un accident de la route ou de mères souffrant d’hémorragie lors de complications au moment de l’accouchement.
Parmi les principaux sujets discutés au 6e congrès international de la SATS à l’hôtel Le Méridien à Pointe-aux-Piments jusqu’au 7 mai, figurent les aspects cliniques de la transfusion sanguine, l’immuno-hématologie, l’hémo-vigilance, la sécurité des donneurs et des receveurs de sang, l’utilisation des produits sanguins lors d’hémorragies en obstétrique, les transfusions chez les enfants, la dépendance chronique aux transfusions, les effets secondaires, la gestion des stocks de produits sanguins, les infections pouvant être transmises, la formation et les approches cliniques innovantes en Afrique et le tourisme médical.
Environ 300 délégués, parmi lesquels des représentants d’organisations non gouvernementales, des organisateurs de dons de sang et des représentants médicaux et paramédicaux venant de 49 pays d’Afrique, d’Amérique, d’Europe, d’Inde, de Singapour et des Émirats Arabes Unis ont participé à ce congrès bisannuel dans le secteur de médecine transfusionnelle. Il a réuni notamment le directeur exécutif de la société internationale de la transfusion sanguine, Judith Chapman ; la coordinatrice de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la sécurité de transfusion sanguine, le Dr Neelam Dhingra ; le représentant de l’OMS-AFRO, le Dr J.B. Tapko ; l’ancien directeur, Blood Safety and Clinical Technology de l’OMS, le Dr Jean Emmanuel ; et le Head of l’Immunohaematology, North London Blood Centre du Royaume-Uni, Robin Knight.