“Plant seki nou manze e manz seki nou plante”. Ce slogan est plus que jamais d’actualité avec la baisse du pouvoir d’achat. Le Mouvement d’autosuffisance alimentaire (MAA) encourage tous les Mauriciens à avoir leurs propres potagers. Éric Mangar, son directeur, affirme que tout le monde en sortira gagnant.
Cultiver pour avoir des légumes frais à portée de main procure beaucoup de bienfaits, estime Éric Mangar. “Cultiver la terre doit devenir un passe-temps. Il faut sentir le besoin de le faire pour consommer des produits frais. Cette activité se révèle alors une hortithérapie et permet à celui qui la pratique de trouver un excellent moyen de se détendre”. Nul besoin de se demander si on a la “main verte” ou pas. Planter demande simplement un peu de temps, de la patience et beaucoup d’amour.
Ne vous inquiétez pas non plus de l’espace, surtout si vous habitez dans un appartement. La MAA a trouvé la solution : la culture dans des bacs en polyéthylène. C’est simple, cela n’occupe pas beaucoup de place et les bacs peuvent même être installés sur le balcon. Peu importe l’endroit, à condition qu’il soit ensoleillé. Ces bacs peuvent être de vieux récipients assez grands que vous aurez recyclés. Mais vous pouvez aussi vous en procurer au siège du MAA à Rose-Hill ou dans le commerce. Il ne vous restera ensuite qu’à trouver la terre et les semences (toujours au MAA ou dans le commerce). Parmi les semences qu’on peut trouver au MAA, citons les haricots, la brède petsaï, le cotomili. Peuvent aussi être cultivés : le thym, le céleri, les pommes de terre, les tomates…
Persévérance.
Avoir son potager n’est donc pas compliqué. Il faut de la terre de bonne qualité et tirant sur le noir. Mais si vous avez une terre qui n’est pas très fertile, il vous suffit de la mélanger avec un peu de compost que vous pouvez vous-même fabriquer avec des déchets végétaux (voir plus loin). Le bac doit être rempli à trois-quarts de terre. Il vous suffit ensuite de creuser des trous pour y planter vos semences.
L’astuce est de placer deux légumes différents dans le même bac. Ils vont cohabiter sans problème et vont se “protéger” mutuellement. On peut, par exemple, planter des laitues d’un côté et de l’autre des queues d’oignon. À vous de trouver la bonne combinaison en fonction de la place que la plante va occuper en grandissant.
Si vous ne réussissez pas la première fois, ne vous découragez pas. Le trial and error est un bon moyen d’apprentissage. “On se découvre une passion pour la culture avec le temps et à force de persévérance”, souligne Eric Mangar. La réussite vient aussi grâce au temps que l’on consacre à son potager. Outre le fait de respecter les éléments de base comme l’arrosage et le désherbage, “il faut s’occuper de la plante comme on s’occupe de soi”.
Manger sainement.
Pour la récolte, précisons qu’on ne doit pas arracher la plante, notamment les laitues ou la brède petsaï. “Vous n’avez qu’à cueillir les feuilles extérieures selon vos besoins. Cela va permettre à la plante de se régénérer.” La même chose est valable pour le thym ou le cotomili, etc. Vous pouvez toujours vous renseigner auprès du MAA à ce propos. Et si vous êtes toujours sceptique quant aux bénéfices d’avoir votre propre potager, sachez que quatre graines de haricots peuvent vous rapporter, à la récolte, deux à trois livres de ce légume.
À l’heure où le pouvoir d’achat est faible, une réduction de vos dépenses sur certains produits alimentaires peut vous aider à faire des économies substantielles. C’est pour cela que le MAA prône un retour à la terre afin que le Mauricien puisse consommer frais et réduire sa dépendance sur les produits importés. “S’il y a une crise alimentaire, on va en ressentir l’impact assez lourdement, d’autant que les prix sont assez volatils”, prévient notre interlocuteur. “Plant seki nou manze et manz seki nou plante” : cela vous met à l’abri des soubresauts du marché international de l’alimentation, d’avoir une plus grande accessibilité à la nourriture et de manger sainement.