Aucun candidat, inscrit par le collège qu’il fréquente, prenant part aux épreuves de School Certificate ou Higher School Certificate de Cambridge cette année, n’aura à s’acquitter des frais d’examens ! Annoncée par le gouvernement de l’Alliance Lepep alors que celui-ci était en campagne électorale en 2014, cette mesure sera en vigueur dans peu de temps, soit au moment de l’inscription des collégiens aux examens dans environ deux mois.
Dans une déclaration à Week-End hier matin, la ministre de l’Éducation, Leela-Devi Dookun, a réitéré l’engagement pris et figurant dans le manifeste électorale de son gouvernement. Si la ministre a confirmé que cette mesure prendra effet dans peu de temps, toutefois, elle n’a pu dévoiler les modalités qui seront appliquées.
Pour cause, explique-t-elle, « le dossier du paiement des frais d’examens est pour l’instant traité par le ministère des Finances ». La ministre de l’Éducation explique également qu’une fois ce dossier bouclé, ce sera au ministère des Finances de donner des instructions sur les procédures à suivre.
Indispensable à ce stade des consultations, le Mauritius Examinations Syndicate (MES) participe également à la mise en place de cette mesure. Le MES, explique son Officer in Charge Ahmed Jahangeer, est habilité à déterminer le montant que l’État aura à décaisser pour financer les frais d’examens de Cambridge.
« Pour cela, nous nous basons sur les données disponibles relatives au nombre de candidats et des fees en cours l’année dernière », déclare Ahmed Jahangeer. En 2014, les frais de participation des candidats mauriciens aux examens de Cambridge se sont élevés à environ Rs 300 millions. Vraisemblablement, ce sera à peu près la même somme que l’État mauricien aura à dépenser cette année pour respecter ses engagements.
Toutefois, selon l’Officer in Charge du MES, le nombre de participants aux prochains examens devrait quant à lui connaître une légère baisse. « C’est la tendance depuis ces dernières années », souligne-t-il. C’est au total environ 30 000 collégiens qui prennent part aux examens de SC et de HSC chaque année.
Obeegadoo : « Mesure positive »
Selon la ministre de l’Éducation, les candidats qui concourront aux épreuves de Cambridge pour la deuxième fois cette année bénéficieront aussi de la réintroduction des subsides de 100% des frais d’examens. Pour l’instant, malgré l’absence d’information sur les modalités autour de la nouvelle mesure, celle-ci a été bien accueillie par des spécialistes de l’éducation, dont l’ancien directeur du MES, Lucien Finette.
« C’est une bonne chose dans la mesure où l’éducation à Maurice est gratuite », dit-il d’emblée. Ce dernier est surtout d’avis que les candidats issus de foyers modestes seront les premiers bénéficiaires de l’exemption des frais d’examens. Grâce à cette mesure, ils auront la possibilité de concourir aux examens de Cambridge sans que l’aspect financier ne soit une contrainte.
Abondant dans le même sens, Steve Obeegadoo, ancien ministre de l’Éducation et directeur de l’Éducation pour Tous à l’UNESCO, qualifie la réintroduction des subsides de 100% des frais d’examens de « très positive ». Il dit néanmoins « comprendre ceux qui disent que les examens de Cambridge coûtant cher à l’État, que ceux qui peuvent payer le fassent ! »
Et de poursuivre en rappelant que les contraintes financières font obstacle non seulement à la participation des candidats économiquement lésés aux examens de Cambridge, mais aussi à leur éducation en fin de cycle secondaire. Reconnaissant que les examens de Cambridge coûtent cher à l’État, Steve Obeegadoo se dit plus que jamais en faveur d’une « mauricianisation » du School Certificate. Mais insiste pour maintenir le caractère international du HSC, par le biais de Cambridge.
D’autre part, Lucien Finette aurait souhaité que les school candidates qui prennent part aux examens de GCE ‘A’ Level bénéficient eux aussi des mêmes subsides que ceux s’inscrivant aux épreuves de HSC. De son côté, Lindsay Thomas, Deputy Rector au collège du Saint Esprit, rappelle que l’application des subsides « vient corriger une injustice dans un pays où l’éducation est gratuite de la maternelle au secondaire ».
Toutefois, comme beaucoup, Lindsay Thomas souhaiterait que le ministère de l’Éducation dévoile les critères qui seront tenus en compte lorsque la mesure annoncée sera implémentée. Et de se demander « si les candidats de School Certificate qui prendront part aux examens plus d’une fois dans un collège privé payant seront aussi exemptés de frais d’examens ».