Les procédures administratives pour l’enregistrement des candidats aux examens de SC/HSC débutent d’habitude au mois de mars car le MES doit envoyer les entrées à Cambridge durant la première quinzaine du mois de juillet. Avec la décision du gouvernement de subventionner à compter de cette année la totalité des frais de ces examens, les parents des candidats n’ont désormais aucun souci à se faire. Le gouvernement devra cependant débourser entre Rs 300 M et Rs 350 M. Un comité comprenant des hauts cadres et des techniciens des ministères de l’Éducation, de la Sécurité sociale et des Finances, ainsi que des officiers du MES, travaille sur les modalités de la mise en pratique de cette mesure afin d’éviter, dit-on dans les milieux concernés, un gaspillage de fonds publics et d’éventuels abus. Le gouvernement envisage-t-il donc de fixer des critères pour être éligible à cette aide ?
« Cette décision du gouvernement est bien applaudie dans la population, mais pour que cette subvention totale des fees d’examens dure le plus longtemps possible, il faut éviter des abus. Il faut fixer des critères en tenant compte, bien sûr, de la notion de justice sociale », dit un participant aux travaux de ce comité technique. En tout cas, le financement des frais d’examens par l’État donne lieu à plusieurs questions de fonds sur lesquelles se penche ces jours-ci ce comité technique. Elles provoquent aussi des débats dans les collèges.
Tout laisse croire que, pour la première année de l’introduction de cette mesure, l’ensemble des candidats de SC et de HSC – qu’ils soient des “first time candidates” ou des “repeaters” – n’auront pas à mettre la main à la poche. Ce sera-t-il le cas dans les années à venir pour les redoublants ? Voilà un point sur lequel ce comité technique devra statuer.  
La mise en pratique de cette mesure n’est pas “easy going” pour le gouvernement en raison des différents cas de figure. Prenons par exemple la participation aux examens de SC. Pour l’obtention de ce diplôme, un candidat, selon les règlements, devra obligatoirement avoir réussi dans au moins six matières, incluant l’anglais. Mais dans la pratique, la majorité des collèges autorisent  leurs candidats – et allant jusqu’à leur recommander – à prendre part à  sept ou huit matières afin d’augmenter leurs chances de réussites. Mais il y a aussi des candidats qui prennent part à… dix matières. Et dans cette catégorie, on retrouve le plus souvent des “high flyers” fréquentant les “stars colleges” ! Cependant, pour l’octroi du diplôme du SC Cambridge, on prend en considération les meilleures notes obtenues par le  candidat dans six matières seulement. Et il faut savoir que le montant des fees des candidats dépend du nombre de matières auxquelles ils prennent part. Le gouvernement déboursera-t-il un montant uniforme  pour tous les candidats de manière à ce que tous bénéficient du même traitement ? Plusieurs  enseignants et recteurs, de même que certains parents, pensent que l’État devra fixer une limite quant au nombre de matières pour son financement et ils suggèrent un seuil de huit matières parce que la majorité de candidats, selon eux, optent pour ce nombre. « Il y a des parents qui exagèrent alors que leurs enfants sont dejà très brillants. Ceux qui veulent que leurs enfants prennent part à neuf ou à dix matières n’ont qu’à compléter la somme demandée par Cambridge », suggère un enseignant d’un collège d’Etat.
Pour le HSC, le candidat doit prendre à une combinaison de cinq matières : le General Paper, qui est obligatoire, trois au niveau principal (A-level) et une au niveau subsidiaire (Advanced subsidiary level). Certains collèges permettent aux élèves ayant une performance académique moyenne de prendre part à deux matières “principal”. Ces derniers n’obtiendront cependant pas de diplôme de HSC, mais un GCE “A” Award.  Dans les collèges nationaux, où il existe une compétition féroce, il n’est pas rare que   des candidats se présentent dans quatre matières “principal”. Le montant des fees de chaque candidat dépend de la combinaison des matières.
Toutefois, personne n’avait anticipé que cette annonce de subvention totale des fees allait  provoquer cette année une hausse importante du nombre de “repeaters” au niveau du HSC dans plusieurs collèges. « Cette année, près de 60 élèves ont demandé à faire la 3rd Year, soit le double de ce que nous avons d’habitude », témoigne un senior teacher travaillant dans un national college pour garçons.  Selon lui, des candidats ayant brillamment réussi aux derniers examens, et qui ont obtenu plus d’un “A+” sur leurs “results slips” (meilleure notation), sont parmi les redoublants. « Je ne crois pas que ces candidats brillants auraient fait une troisième année de HSC si les fees d’examens n’étaient pas gratuits », pense cet enseignant. Dans d’autres établissements,  d’autres enseignants évoquent un risque de départ en cours d’année scolaire parmi les élèves de la 3rd Year pour entreprendre des études universitaires à l’étranger. « Ceux qui ont obtenu d’excellents résultats sont en train de faire des démarches pour une entrée universitaire et pour l’obtention d’une bourse. S’ils obtiennent une réponse positive, ils abandonneront la 3re Year. Sauf qu’entre-temps, le gouvernement aura déjà déboursé le montant des fees pour eux », dit un responsable du département Science dans un grand établissement d’Etat. Celui-ci fait une suggestion, laquelle risque cependant de ne pas plaire à tout le monde. « Dans le cas des redoublants du HSC, le gouvernement devrait demander aux parents de payer les frais, qui ne seraient seulement remboursés que si leurs enfants participent effectivement aux examens », propose-t-il pour éviter tout risque de gaspillage de l’argent des contribuables.
Autre point important à régler : les candidats poursuivant leurs études dans des collèges payants bénéficieront-ils, eux aussi, de cette subvention totale ? Leurs parents peuvent avancer l’argument qu’ils sont des “tax payers” et que leurs enfants  devraient par conséquent pouvoir également bénéficier de ce geste de l’État. Il est bon de savoir que les enfants fréquentant le secondaire d’Etat et les collèges privés “grant-aided” ne doivent pas avoir plus de 20 ans (Education Regulations) et, en outre,  qu’ils ne peuvent répéter deux fois la même classe. En raison de ces deux critères, bon nombre de parents n’ont d’autres choix que de faire admettre leur enfant dans un établissement payant pour leur permettre d’obtenir au moins un des deux diplômes de fin d’études secondaires. « Nous sommes en train de rendre un service aux enfants qui ont été mis à la porte dans les collèges d’Etat et les collèges privés “grantaided”. Il n’y a pas d’enfants de riches chez nous. D’ailleurs, chaque année, des élèves bénéficient de l’aide de la Sécurité sociale pour payer les fees d’examens », affirme le Dr Hassam Sakibe Coowar, le directeur du Mauricia Institute, situé à Floréal. Celui-ci souligne qu’il n’y a pas de limite d’âge dans son établissement et qu’un élève peut refaire le SC et ou le  HSC plusieurs fois jusqu’à l’obtention de ses diplômes. Ce dernier insiste sur l’inclusion des   élèves des collèges payants à la nouvelle formule de subvention de fees, mais n’est pas contre l’idée d’un  critère relatif à l’âge des éventuels bénéficiaires. Les directeurs d’établissements payants sont certes engagés dans une mission aussi fort louable que celle de l’éducation, mais il ne faut pas ignorer l’aspect commercial de leur entreprise.