Il existe actuellement une énorme pagaille dans le secteur éducatif de Maurice. Constat des membres du PMSD qui, lors d’une conférence de presse animée par la députée Aurore Perraud vendredi, ont exprimé leur inquiétude face à ce qui se passe dans le secteur. Les bleus se disent totalement opposés à la nouvelle décision du ministère de l’Éducation de l’obligation de 5 crédits pour accéder au HSC. S’agissant de l’acquittement des frais d’examen pour le SC et la HSC en raison des absences en classe, le PMSD déplore qu’ « à aucun moment durant la campagne électorale l’alliance Lepep n’a fait état de conditions rattachées. »
Le PMSD est catégorique. « Sa gouverna-la pe zwe avek lavenir nou zanfan. » C’est ce que fait ressortir Aurore Perraud, qui déplore la grosse pagaille et les nombreuses incertitudes qui affectent, selon elle, le secteur de l’Éducation ces derniers temps. Les bleus, rappelle-t-elle, privilégient un système éducatif plus inclusif, qui démocratise l’accès à l’éducation et qui met au centre l’enfant, ses richesses, son potentiel et ses capacités, aussi bien que ses limites et ses besoins.
 « Nous ne voulons pas d’un système au détriment de l’enfant », dit-elle, estimant que ce qui est proposé par le gouvernement est un « mauvais système. » « Pa kapav pran zanfan e fer zot pey pou enn move sistem », dit-elle, soutenant que celui-ci n’a pas évolué et n’est pas adapté à la nouvelle situation d’apprentissage. « Notre système est toujours archaïque » et ne tiendrait pas en compte les late developers, aussi bien que les jeunes à multiples intelligences. Le PMSD est d’avis que le système actuel maintient une certaine élite et privilégie un petit groupe au détriment de la majorité.
Ainsi, l’idée de 5 crédits obligatoires pour accéder au HSC est une barrière à la mobilité sociale et est contre l’intérêt de ceux au bas de l’échelle, estime Aurore Perraud. Ce faisant, dit-elle, « pe ferm lakse a l’éducation pour la masse. » Ce sont les plus faibles et les plus pauvres qui en seront pénalisés, dit-elle, prévenant des graves répercussions que cela aura sur la société. Pour le PMSD, « les jeunes doivent être formés pour le marché du travail et non pour répondre uniquement aux questionnaires. »
La députée bleue cite l’exemple de l’éducation française qui tient compte de la validation des acquis ou d’autres systèmes éducatifs qui considèrent les late developers et les mature students. Elle soutient également que selon les statistiques, seuls 10% de la main-d’oeuvre travaillent dans le service civil, alors que 90% exercent dans le privé. Or, dans le secteur privé, dit-elle, les 5 crédits ne constituent pas des limites, au contraire.
« Doit-on avoir un système pour seulement 10% de la population et 90% en dehors ? » demande Aurore Perraud, qui fait ressortir que certaines universités requièrent seulement “2 A-Level” pour l’enregistrement des étudiants. « Est-ce que parce qu’un étudiant n’a pas obtenu 5 Credits au SC on peut bloquer ses chances d’intégrer une université ? » demande-t-elle.
« Pas question  de brader Agaléga »
Dans le même élan, le PMSD s’insurge des critères contraignants imposés par le gouvernement pour le paiement des frais d’examens de SC-HSC. Aurore Perraud rappelle qu’ « à aucun moment lorsque la promesse de revenir avec le paiement des frais d’examens il n’a été question de conditions. » « Azordi pe vinn change les règles », dit-elle, tenant là pour preuve un autre exemple de manque de planification, de vision et de leadership au sein du gouvernement MSM-ML.
Dans un autre volet, la députée bleue a mis en garde contre toute tentative de brader Agaléga à qui que ce soit. Selon elle, il s’agit d’un sujet inquiétant entouré de beaucoup de zones d’ombre. Si certaines informations tendent à faire croire qu’il y aurait des puissances militaires qui lorgnent Agaléga, le PMSD se dit totalement opposé à toute action qui menacerait la souveraineté et le contrôle de Maurice sur l’archipel.
Cette conférence de presse effectuée en l’absence du leader Xavier Duval a aussi été l’occasion pour le PMSD d’aborder le prochain budget. Un exercice pour lequel il y a un désintérêt de la population, « qui est devenu futile » et ne serait qu’ « un eyewash ». D’autant que de nombreuses mesures annoncées dans le précédent exercice budgétaire n’ont pas été exécutées. À titre d’exemple, la députée du PMSD cite la page 8 du dernier budget et fait ressortir que toutes les mesures inscrites, dont la raffinerie de pétrole, le Business Law, la production de motos et bicyclettes, le village pharmaceutique, etc. sont toutes aujourd’hui « out ». Le PMSD souhaite que le prochain budget « soit un exercice de vérité sur l’État et la performance économique, et non l’annonce de mille et une mesures qui ne vont pas aboutir ».
La nomination de la nouvelle ambassadrice de Maurice en Australie a aussi été commentée par le PMSD, qui estime que celle-ci illustre « l’exemple de la décadence du MSM-ML, de l’absence d’éthique. La situation va de mal en pis. » Concernant l’affaire BAI, le PMSD, qui a pris connaissance de bandes sonores relatives, dit suivre de près les développements à venir. Ces bandes sonores viennent confirmer, selon Aurore Perraud, ce que Xavier Duval a dit : « Vishnu Lutmeenaraidoo a décidé et n’écoute personne. Et surtout, cela démontre que l’affaire BAI n’est pas une affaire du Conseil des ministres mais de lakwizinn. »