Les statistiques ne révèlent pas le nombre de « credits » des candidats

Le taux de réussite aux examens de School Certificate (SC) de 2018 est enfin connu. Avec une performance de 71,51%, la tendance à la baisse affichée depuis 2014 se poursuit. L’année dernière, le taux de réussite pour les examens de 2017 était de 71,59% et, en 2016, se chiffrait à 72,01%. Il nous revient que les statistiques ont même été présentées au conseil des ministres hier matin avant d’être rendus publiques. Dans la foulée, le Mauritius Examination Syndicate (MES) a également mis en ligne les statistiques de 2017.
Sur les 18 064 candidats ayant pris part aux examens du School Certificate (SC) l’année dernière, seuls 13 640 ont réussi, ce qui représente un taux de réussite de 75,51%.

Un chiffre que la ministre de l’Education a présenté hier au conseil des ministres. Ce pourcentage vient confirmer les craintes des managers des collèges privés puisqu’une nouvelle baisse est enregistrée par rapport à l’année dernière. Même si ce n’est qu’une question de décimales, la baisse de 0,08% concerne une quinzaine d’élèves de plus que l’année dernière, qui ont échoué à ces examens.

Il nous revient que le personnel du MES a travaillé jusqu’à fort tard jeudi soir pour contre-vérifier certaines statistiques avec Cambridge avant de remettre les chiffres au ministère de l’Education. Ceux-ci ont d’abord été présentés au conseil des ministres avant d’être mis en ligne. De ces statistiques, on retient ainsi que Maurice a enregistré un taux de 72,23% et Rodrigues, 57,94%, ce qui donne un taux global pour la République de 71,51%.
Concernant le nombre de « credits » obtenus par les candidats – sujet qui préoccupe les recteurs –, rien n’a été révélé à ce stade. Il nous revient toutefois que la ministre de l’Education est en présence de toutes ces données. Autrement, la distribution des “aggregate” de manière globale se décline ainsi : 140 élèves ont obtenu 6 unités, 90 en ont eu 7, 109 en ont eu 8, 125 en ont eu 9 et 157 ont obtenu 10 unités.

Au niveau des matières, les performances sont comme suit : “add maths” (70,9%); “art and design” (99,02%); biologie (84,48%); “design and technology” (89,7%); anglais (88,45%); français (81,22%); “computer science” (75,75%); commerce (54,58%); “business studies” (67,58%); math (74,57%); littérature anglaise (73,42%); “fashion and textile” (88,7%); littérature française (77,05%); “food and nutrition” (73,27%), entre autres. Certaines langues asiatiques, avec peu de candidats toutefois, ont enregistré 100%.

Réagissant à ces performances, Steven Obeegadoo, ancien ministre de l’Education, avance : « J’apprécie la démarche du MES de rendre publiques certaines informations par rapport au taux de réussite global, ainsi que pour les matières. Toutefois, je note que rien n’est mentionné concernant le nombre de “credits” obtenus par les candidats. Jusqu’à 2016, le MES donnait tous ces détails, mais depuis l’année dernière, ces informations ne sont plus révélées. Je lance un appel pour que le nombre de “credits” obtenu par chaque candidat soit révélé, car l’éducation, en 2019, est une question de transparence. Surtout par rapport aux sommes investies dans ce domaine. »

Steven Obeegadoo ajoute que les statistiques mises en ligne démontrent que la tendance à la baisse se poursuit. De 2005 à 2010, précise-t-il, le taux de réussite était autour de 79%. Mais depuis 2015, il tourne autour de 71 à 72%. « Je constate de même, que le taux de réussite en math syllabus D est de 75% en 2018 alors qu’il était de 81% en 2012. C’est inquiétant.»

Il invite à une réflexion profonde pour connaître les raisons de cette baisse de performance et trouver des solutions, en collaboration avec Cambridge. « Il ne suffit pas de dire que les profs et les élèves doivent travailler plus. » Nous n’avons pu obtenir des commentaires de la directrice du MES sur ces statistiques.