Des développements sont à prévoir dans l’enquête menée par le Central CID suite à la déclaration de l’ancien ministre du Commerce et député du MSM, Showkutally Soodhun, au sujet des confidences alléguées du Premier ministre, Navin Ramgoolam, au sujet de la seconde évaluation de la clinique MedPoint. Les limiers de la police ont recommandé des poursuites au pénal à l’encontre du leader de l’opposition, Paul Bérenger, de l’ancien ministre MSM, Showkutally Soodhun, et au membre du bureau politique du MMM, le Dr Zubeir Joomaye dans cette affaire. Les renseignements glanés de sources autorisées au DPP’s Office confirment que le dossier est actuellement à l’étude par rapport aux recommandations du CCID.
Cette enquête avait démarré le 14 juillet de l’année dernière suite à une déposition consignée dans l’enceinte du Treasury Building par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Celui-ci avait nié les allégations formulées à son encontre au vu des directives pour un second exercice d’évaluation de la clinique MedPoint avec le coût passant de Rs 75 millions à Rs 144,7 millions, montant du chèque qui fait actuellement l’objet d’un Freezing Order de la Cour suprême à la demande de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC).
Cette affaire avait démarré au niveau de l’ICAC, qui avait procédé à l’audition du leader du MMM en deux occasions, avec dans la seconde, la confirmation de l’identité de la source de la fuite d’informations au sujet des instructions pour ce deuxième exercice d’évaluation. L’ancien ministre Soodhun, identifié en tant que tel, fut également entendu. Mais les choses en restèrent là du côté de l’ICAC.
Par contre, le Central CID devait aller plus loin en consignant la version des faits du frère de la parlementaire du Labour Party, Nita Deerpalsing, au sujet d’une conversation de voisins d’appartement, notamment le Dr Zubeir Joomaye, pour venir accréditer la thèse d’un complot ourdi en vue de déstabiliser le gouvernement de Navin Ramgoolam, dans le scandale du siècle du rachat de la clinique MedPoint.
Le premier à être inculpé de ce délit provisoire a été le Dr Joomaye au début du mois de septembre de l’année dernière. Il a été remis en liberté conditionnelle contre une caution. L’ancien ministre MSM, l’homme derrière ces « révélations », est également passé par là. Par contre, le leader de l’opposition, qui a été entendu par le Central CID à ce même sujet, n’a pas été inquiété par des inculpations provisoires jusqu’ici.
Du côté du DPP’s Office, l’on confirme que le dossier, notamment la Form 100, a déjà été soumis par les enquêteurs du Central CID et les détails de cette enquête sont actuellement étudiés en vue de décider de la marche à suivre. « Aucune décision n’a encore été entérinée sur la base des Suggestions for Prosecution venant des enquêteurs de la police », souligne-t-on dans les milieux autorisés en ce début de semaine.
Par ailleurs, l’affaire portée en Cour suprême par l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, pour l’accès aux Minutes of Proceedings du conseil des ministres du 18 juin 2010 et d’autres dossiers relatifs aux procédures de rachat de la clinique MedPoint, a été entendue en Cour suprême. La demande du leader du MSM porte sur les points suivants : Information paper or Cabinet Memorandum soumis par le ministre de la Santé d’alors, Rajesh Jeetah en date du 5 mars 2010 au sujet du projet de National Geriatric Hospital ; les Minutes of Proceedings du Cabinet Meeting du 18 juin 2010 portant sur des projets de construction d’hôpital, et tous les documents and discussion papers relating to the construction of hospital pour la période allant de janvier 2010 à décembre 2010.
À l’appel de l’affaire en Cour suprême hier, Pravind Jugnauth a soutenu qu’il n’est pas encore en présence de tous les documents réclamés dans sa demande formelle. De son côté, Me Verna Nirsimloo, Senior State Attorney, a formulé une demande « for further and better particulars ». L’affaire a été renvoyée au 6 juin.