Les deux principaux suspects dans le scandale de pots-de-vin de Rs 30 millions contre des contrats de travaux dans le port, l’ancien ministre Siddick Chady et l’ancien directeur général de la Mauritius Ports Authority Prakash Maunthrooa, devront être bientôt fixés sur les charges formelles à être logées contre eux. En effet, les limiers du Central CID mettent actuellement la dernière main aux détails de l’enquête à être soumise au Directeur des Poursuites Publiques (DPP) au tout début de l’année prochaine. C’est ce qui ressort des derniers développements intervenus dans cette affaire.
Ainsi, pour le jour de Noël, hier, l’ancien ministre et ex-Chairman de la MPA Siddick Chady a été convoqué dans les locaux du Central CID pour des compléments d’informations au sujet des faits retenus et des nouvelles preuves versées dans le dossier à charge. Très peu de détails ont transpiré de l’exercice qui s’est déroulé aux Casernes centrales en ce jour férié et aucune indication n’est disponible si l’autre principal coaccusé, Prakash Maunthrooa, sera de nouveau entendu dans les jours à venir comme cela a été le cas pour Siddick Chady.
Cette décision de procéder à une nouvelle séance d’interrogatoire de Siddick Chady fait suite à de nouveaux « témoignages accablants » obtenus par des limiers du Central CID. Un important témoin, qui n’est autre que l’ancien représentant de la firme néerlandaise Boskalis à Maurice, est venu de l’avant avec de nouvelles preuves au sujet du mécanisme de versements de pots-de-vin contre l’allocation de contrats par la MPA, dont des travaux de dragage du Chenal Anglais dans le port en 2006.
Suite à des échanges entre le DPP’s Office, qui assure une supervision constante de l’évolution de l’enquête sur le scandale Boskalis depuis sa réouverture cette année, et cet important témoin, une escouade spéciale de membres du CID avait fait le déplacement en novembre dernier à Dubaï pour consigner la version des faits de cet important témoin à charge. Un communiqué de la police, émis à la mi-journée, soutient que « the police would like to inform the public that the statement of an important witness who is based abroad and whose evidence is material, had to be recorded in order to progress the enquiry. After necessary arrangements, the police have been able to secure the required evidence only towards the end of November this year ».
Sur la base de ces nouvelles preuves jugées accablantes du représentant de Boskalis à Maurice au cours de la période du versement des pots-de-vin, le Central CID s’est retrouvé devant le choix de confronter le suspect Siddick Chady à ces faits. Pour des raisons pas encore explicitées, Siddick Chady a été interrogé par la police le jour de Noël. La teneur de la déposition de ce crucial témoin à charge est gardée jalousement par les enquêteurs et ne sera révélée que lors de l’instruction de procès au pénal.
Le calendrier de travail établi laisse comprendre que d’ici la fin de la semaine, les responsables du Central CID, dont les assistants commissaires de police Pregassen Vuddamalay et Heman Jangi, boucleront les derniers éléments de cette enquête avant de soumettre leurs recommandations du DPP.
Compte tenu du fait que le DPP’s Office a suivi de près les principales étapes de cette enquête, qui a vu une entière collaboration du groupe néerlandais Boskalis, il faudra s’attendre à voir les charges formelles être logées devant la Cour criminelle intermédiaire dès le premier trimestre de l’année prochaine. Au terme des développements intervenus, la conclusion de l’enquête du Central CID devrait être compromettante contre Siddick Chady et Prakash Maunthrooa principalement.