Le Premier ministre a annoncé la mise sur pied pour la première fois d’une commission d’enquête — sachons que trois comités d’enquête avaient déjà été institués dans le passé — suite aux récentes allégations concernant les courses hippiques à Maurice. C’était ce matin lors du Prime Minister’s Question Time en réponse à la question de Nita Deerpalsing qui demandait à Navin Ramgoolam s’il comptait mettre en place ladite commission après les récentes allégations autour de l’organisation des courses à Maurice.
Outre le fait d’avoir confirmé la mise sur pied de cette commission d’enquête, le PM a indiqué dans sa réponse un certain nombre de mesures immédiates visant à assainir la situation et l’image des courses au Champ de Mars. Le Premier Ministre compte sur l’aide d’une unité légale et des autorités hippiques étrangères pour démarrer les premiers travaux. Il a personnellement demandé à la police et au Mauritius Turf Club (MTC) d’agir promptement.
Dans la foulée, six mesures ont été annoncées, à savoir qu’aucun jockey étranger ne sera autorisé à monter pour une autre écurie dans une course ordinaire, tout jockey étranger dont le contrat arrive à terme ne sera pas autorisé à monter pour un autre établissement au cours de la même saison. Cela, afin qu’il n’y ait plus de musical chair comme c’est le cas depuis quelque temps.
Le MTC devra par ailleurs informer la Gambling Regulatory Authority et la Mauritius Revenue Authority de toute sanction prise contre les jockeys incriminés. Une écurie n’aura pas le droit d’aligner plus de deux partants dans une course, tandis que les courses de moins de six chevaux seront désormais interdites. L’aval du MRA et de la police seront en sus obligatoire avant qu’un jockey ne quitte le territoire mauricien.
Au chapitre des questions-réponses, la nomination du Chairman de la commission d’enquête a été évoquée. Le PM a assuré que le président ne sera pas une personne issue du circuit hippique « who would do a cover-up job », mais aucun nom n’a été cité.
À une question de Nita Deerpalsing où elle fit allusion à des hommes de loi, propriétaires de chevaux, qui défendent les intérêts des jockeys en cour, Navin Ramgoolam a répondu que le gouvernement envisageait de mettre bon ordre à ce niveau.
Rajesh Bagwan a, lui, évoqué l’existence d’une mafia et a demandé la mise sur pied d’une enquête immédiate sur la propriété des chevaux. Ont aussi été abordé les problèmes du serveur de la GRA concernant les enjeux qui ont fait perdre annuellement Rs 800 millions au gouvernement.
Le Premier ministre a par ailleurs affirmé qu’il n’y avait pas suffisamment de compétences locales en la matière et qu’il faudrait faire appel à l’expertise étrangère à travers des gouvernements étrangers. Le PM s’est aussi étonné que des personnes sans ressources se sont soudainement enrichies financièrement et demande à la MRA de faire son travail.
Des bancs de l’opposition on s’interrogeait à savoir comment Paul Foo Kune a pu obtenir une licence de Stable Manager alors que l’on savait qu’il y avait une source de conflit d’intérêts, source de tous les problèmes actuels.
Appel a été donc fait au PM pour qu’il demande au MTC d’agir en conséquence. Nita Deerpalsingh a alors demandé de faire appel au professionnalisme, à l’instar du Hong Kong Jockey Club. Le PM a ainsi informé qu’il était en contact avec les autorités étrangères compétentes comme la France et la Grande-Bretagne, et a déclaré à une interpellation du député Uteem sur le moneylaudering éventuel qu’il n’était pas facile de contrôler cela à cause de la masse des petits paris.
Nita Deerpasing a ensuite suggéré de ramener tous les bookamkers au Champ de Mars, à quoi le PM a dit que cela serait fait « in a phase manner ». Joe Lejongard a par la suite mise en exergue les conflits d’intérêts résultant du fait que des membres d’une même famille soient aussi bien bookmakers que responsables des écuries. La question fut finalemnt posée à savoir si la commission d’enquête recommandera une refonte totale de la GRA.