C’est aujourd’hui que le Premier ministre a répondu à une très sensible question du député Steve Obeegadoo, qui voulait savoir s’il compte demander au ministre de l’Éducation tertiaire, Rajesh Jeetah, de « step down » au vu des nombreux scandales dans ce secteur depuis son entrée en fonction, notamment l’EIILM de la famille Jeetah, l’UTM ou la DY Patil Medical School plus récemment. Navin Ramgoolam a indiqué qu’il n’y a pour l’heure pas de raisons pour que tel soit le cas et a annoncé, dans ce contexte, une enquête pour bientôt par la Quality Assurance Agency for Higher Education (QAA) d’Angleterre. Il a par ailleurs ajouté que le Conseil d’administration de la Tertiary Education Commission (TEC) est en cours de reconstitution. Quant aux problèmes liés à l’Université de Maurice (UoM), des mesures sont en cours d’implémentation alors qu’une enquête a été annoncée sur le fonctionnement de l’Université de Technologie de Maurice (UTM).
Le PM a rappelé que la TEC Act a été amendée en 2007 pour conférer à la commission l’unique prérogative d’approuver l’opération des institutions tertiaires à Maurice. Selon lui, « il ne peut y avoir de possibilité de conflit d’intérêts ». Dans le sillage des scandales liés à l’institution EEILM et au DY Patil Medical College, Navin Ramgoolam a rappelé que deux Fact Finding Committees ont été institués. Par ailleurs, a-t-il annoncé, outre des mesures pour donner un boost à ce secteur, un « comprehensive audit »  de toutes les institutions tertiaires aura lieu en vue d’assurer qu’elles opèrent selon les normes requises. Cet exercice sera assuré par la Quality Assurance Agency for Higher Education (QAA) et aura pour objectifs premiers de « saveguard quality ». La QAA publiera également des lignes de conduite en vue d’assurer que « les étudiants bénéficient d’un haut niveau d’enseignement ». Le PM a annoncé cet exercice pour « très bientôt ».
S’agissant de la TEC, le Conseil d’administration est en cours de reconstitution, dit-il alors que pour l’UoM, une série de mesures sur sa restructuration est en cours d’implémentation. Quant à l’UTM, il a annoncé une enquête qui étudiera son fonctionnement avant d’assurer que « government will leave no stone unturned » pour assurer que le pays soit doté d’un centre d’excellence.
Dans une interpellation, le député du MMM Steve Obeegadoo devait affirmer au PM que jamais depuis sa création, le secteur tertiaire n’a connu autant de controverses « sans fin », cela de surcroît depuis l’arrivée, dit-il, du ministre Rajesh Jeetah en 2010. Il a fait part de « l’exaspération de la population vis-à-vis du ministre ». Le PM a dit partager les préoccupations de l’ancien ministre de l’Éducation et député de Curepipe. « Nous devons nous assurer d’avoir un enseignement de qualité dans nos institutions ».
Poursuivant, le député mauve devait demander au chef du gouvernement s’il est au courant que « le pays dans son ensemble s’oppose à la politique de l’actuel ministre qui consiste à privilégier la quantité aux dépens de la qualité ».
Le secrétaire du MSM, Nando Bodha, a pour sa part demandé au PM s’il était au courant de ce que le conférencier Michaël Porter de la Harvard’s Business School, qui était récemment dans le pays, a dit sur l’éducation tertiaire à Maurice, à l’effet que « le knowledge hub n’était pas ce que nous avions l’intention de faire ». Ce à quoi, le Premier ministre devait répondre que « nous avons en effet l’intention de faire du pays un centre d’excellence ». Et de rappeler que l’un des directeurs de cette institution lui a déjà exprimé les difficultés confrontées par la Harvard School elle-même pour un enseignement de qualité.
Sept vice-chancellors
Steve Obeegadoo a rappelé que depuis 2009, l’UoM a connu sept vice-chancellors et qu’au sein de l’UTM, « il y a eu plusieurs doléances d’étudiants suite à des political interferences ». Le PM a répondu que le gouvernement se penchera sur ces questions.
Autre question d’actualité soulevée aujourd’hui, le manque de vols entre Rodrigues et Maurice. Le député de l’OPR Francisco François a demandé au PM s’il y aurait plus de vols notamment depuis que le Mauritius Pride est hors-service et que les demandes pour le moyen de transport aérien va croissant. Selon le PM, le CEO d’Air Mauritius n’aurait reçu aucune demande pour des vols supplémentaires mais « il est attendu que la fréquence augmentera. Le Mauritius Trochetia a augmenté sa fréquence de 1 à 4 en vue de compenser pour les sièges du Mauritius Pride ».
Par ailleurs, s’agissant des prix des billets d’avion entre les deux îles, un nouveau tarif a été proposé l’an dernier à Maurice et à Rodrigues, indique Navin Ramgoolam. De nouveaux tarifs existent pour ceux réservant leurs billets tôt. Depuis l’an dernier, aucune taxe n’est appliquée sur les billets Rodrigues/Maurice, ajoute le PM.
Le député François devait faire voir au PM que chaque semaine, lui-même est confronté à des difficultés pour trouver une place sur les vols Rodrigues/Maurice. Alors que le billet normal coûte Rs 8 300 incluant 44 % de TVA, le billet dans le cadre du holiday package coûte un peu plus de Rs 5 000, dit-il. « Pourquoi cette taxe ? ». Le député rodriguais a par ailleurs fait part au PM des nombreux inconvénients liés aux avions assurant cet itinéraire. « En avril, deux vols ont été annulés et rien qu’hier soir, un avion ne pouvait atterrir ». Il a voulu savoir si « les avions sont parvenus au terme de leur cycle et si des provisions seront faites pour les remplacer ». Le PM a répondu qu’il étudiera certainement ce problème.