Le mot d’ordre de grève de la faim, au Jardin de la Compagnie, au nom des Super Cash Back Gold Policy Holders, qui n’ont pas été remboursés à ce jour, est maintenu. En effet, les échanges entre le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, et une délégation de représentants des grévistes de la faim, menés par Salim Muthy, hier au Prime Minister’s Office, n’ont pas donné les résultats escomptés. Après avoir pris connaissance des revendications des victimes de la fraude au sein du groupe BAI, le Premier ministre a transmis deux messages : d’abord rappeler que le scandale BAI relève d’un Ponzi Scheme, avec mention dans le rapport des Forensic Auditors de Singapour, nTan Corporate Advisory Co Ltd, et ensuite qu’il n’est pas question d’engager des fonds publics pour le remboursement. Avec ce dialogue de sourds, les grévistes de la faim ont signifié leur intention de poursuivre leur action de revendication jusqu’à au moins vendredi prochain.
Un communiqué officiel émis par le Prime Minister’s Office, après la rencontre de la mi-journée au Treasury Building, souligne que « le Premier ministre a été à l’écoute ». Pravind Jugnauth a aussi profité de l’occasion pour faire un état des lieux de la situation de l’ex-BAI, rappelant par ailleurs que le rapport nTan fait référence à un Ponzi Scheme. Et d’affirmer que le gouvernement « est en train d’étudier toutes les possibilités et viendra présenter des propositions ». Il a également soutenu que trouver une solution à ce dossier « demeure une priorité du gouvernement ».
Selon des recoupements d’informations auprès de sources concordantes à la réunion présidée par Pravind Jugnauth, il s’avère que celui-ci a retracé la chronologie du scandale BAI, en faisant allusion au rapport du Fonds monétaire international (FMI), mettant en garde contre le risque que représentaient les affaires du groupe BAI et ses répercussions sur l’économie et la Private Notice Question du leader de l’opposition d’alors, Paul Bérenger, en novembre 2013.
Il n’a de même pas manqué d’égratigner l’ancien ministre des Services financiers, Roshi Bhadain. « Mwa mo pa Roshi Bhadain. Mo pa pou pran “commitment” ki pa pou kapav respekte », devait faire comprendre Pravind Jugnauth face aux demandes des représentants des grévistes de la faim pour un remboursement à partir, entre autres, du Fonds national de pension (NPF). Il a fait ressortir que, dans l’immédiat, le gouvernement a pris la décision « de dresser un inventaire des avoirs de Dawood Ajum Rawat et du groupe BAI » en vue de procéder à une nouvelle réévaluation des fonds, qui pourront être recouvrés en vue de décider sur la marche à suivre. « Si ti ena krash avek BAI, enn roupi personn pa ti pou gagne. Nounn fer ek pe ankor fer tou nou posib pou alez fardo bann viktim BAI », a-t-il avancé.
Toutefois, le chef du gouvernement a souligné qu’il n’est pas partant pour puiser des fonds publics pour effectuer le remboursement. « Zot bizin konpran ki la politik de Dawood Rawat ti met an danze lekonomi ek sekter finansye. Mo pa kapav zwe avek Tax Payers’ Money pou ranbourse », a-t-il dit.
En l’absence d’une garantie de remboursement, les grévistes de la faim du Jardin de la Compagnie et de Belle-Vue poursuivent leur action. Après la rencontre au PMO, le Premier ministre a eu une nouvelle séance de travail avec les ministres Vishnu Lutchmeenaraidoo, Anil Gayan, Sudhir Sesungkur et Ravi Yerrigadoo, sur le dossier BAI. Ils ont confirmé la décision d’un nouvel état des lieux des avoirs du groupe BAI et ont pris note de la décision de la National Property Fund Ltd d’avoir recours aux services de Kroll pour un Foreign Assets Tracing Exercise et ceux de SICOM pour un Due Diligence Exercise en vue d’un éventuel rachat de la National Insurance Co. Ltd (ex-BAI).