Pour le secrétaire administratif du Senior Citizens Council (SCC), Ambanaden Veerasamy, la hausse du montant de la pension de vieillesse a eu un effet positif sur la vie des personnes âgées « qui sont plus ou moins satisfaites du soutien que leur accorde l’État ». « Cependant, il y a encore de choses à améliorer, mais je dois dire que comparé aux autres pays, la qualité de vie des personnes âgées à Maurice est bien meilleure », dit-il, en rappelant que Maurice est classée 33e sur 91 pays en termes de qualité de vie pour les personnes âgées.
Selon M. Veerasamy, il y a des défis, mais, grâce aux activités qu’il organise souvent, le SCC aide les personnes âgées à sortir de leur isolement, à rencontrer leurs pairs et à partager leurs connaissances et expériences avec d’autres personnes. L’accent, ajoute-t-il, doit être mis sur les moyens à mettre en oeuvre pour protéger cette catégorie de personnes des abus et de la violence. Des lois sont en vigueur à Maurice pour les protéger, il existe même une cellule spéciale au sein du ministère de la Sécurité sociale, Elderly Watch, où les cas de maltraitance, d’abus et de violence contre les personnes âgées sont rapportés. Mais, concède-t-il, « la cellule familiale est très sensible et il n’est pas question d’intervenir directement dans de tels problèmes en faisant usage des dispositions de la loi ». M. Veerasamy affirme que les officiers de l’État essaient, en premier lieu, de conseiller les personnes concernées par l’abus envers les personnes âgées « pour ne pas briser le tissu familial ». « C’est surtout une question de valeurs humaines, de façon de vivre et de respecter leur dignité. Nous accordons beaucoup d’importance aux valeurs familiales ».
Le Senior Citizens Council organise aussi des activités intergénérationnelles auxquelles les jeunes sont invités. « Il nous faut amener un dialogue entre les générations. C’est très important », fait-il ressortir, avant de demander aux aînés de faire plus d’efforts pour rencontrer les jeunes et de partager leurs connaissances avec eux. M. Veerasamy avoue, cependant, que le dialogue intergénérationnel n’est pas facile, « mais si nous réussissons ce sera une grande chose pour le bien-être de la population ».
On rapporte que les personnes âgées sont maltraitées également au sein de la cellule familiale. Le président de la Government Hindi Teachers’ Union (GHTU), Suttyudeo Tengur, affirme que « cela se passe dans la haute société où la maltraitance des personnes âgées est forte, mais invisible ». « La maltraitance des personnes âgées est visible au sein des familles modestes », souligne notre interlocuteur. Pour lui, les lois à Maurice protègent tous les citoyens, « mais il nous manque une organisation spécialisée pour les implémenter afin de mieux protéger les personnes âgées ». Malheureusement, nous dit M. Tengur, « dès que vous avez 60 ans, la société, qui plus est, votre famille elle-même, vous rejette ». « Nous les marginalisons, nous faisons de sorte qu’elles n’aient aucune valeur. De ce fait, l’expérience qu’elles ont acquise ne sert pas à la bonne marche de la société mauricienne ». La population mauricienne compte 13 % de personnes âgées en 2015. Dans trois décennies, ce chiffre passera à un peu plus de 30 %. Des défis énormes attendent les Mauriciens.