Le document Ramgoolam au sujet d’un éventuel accord électoral entre le Parti travailliste et le MMM en vue des élections générales anticipées avant la présentation du Budget Speech 2015 en novembre suscite des vagues. Dès hier soir, le leader du MMM, Paul Bérenger, qui en a pris connaissance après avoir animé une réunion des instances régionales des circonscriptions Nos 15 et 16, n’a pas caché sa réaction négative par rapport à la teneur du document au point où il parlait de « turning point » dans les relations entre le PTr et le MMM.
Dans les rangs du MMM, l’on faisait également état de « gros “déboulements” dans les rangs du Labour ». Mais en fin de matinée, les indications étaient que le suspense autour de cet accord électoral durera encore, le temps que les deux leaders politiques accordent leurs violons suite à des mouvements des usual political channels. Ainsi, le bureau politique et le comité central du MMM, qui se réunissent cet après-midi, ne s’apprêtent à prendre aucune décision sur ce projet d’alliance électorale même si le document Ramgoolam sera à l’ordre du jour.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes font état de « changements apportés dans le wording par rapport à deux points dans le projet d’accord », qui a fait l’objet de discussions et d’échanges précédemment entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. Ces milieux s’empressent d’ajouter que ce différend ne porte nullement sur la répartition des investitures 30/30 entre le PTr et le MMM. « Ce point de l’accord est acquis et ne souffre d’aucune contestation », rassure-t-on.
L’un des points d’éclaircissements attendus par le MMM porte sur les procédures menant à la mise en application du projet de réforme électorale et constitutionnelle menant à la IIe République après les prochaines élections générales, avec un éventuel départ de Navin Ramgoolam à la State House et Paul Bérenger s’installant en tant que Premier ministre au Treasury Building. Le document Ramgoolam propose la constitution d’un panel d’experts « to iron out and tie the loose ends » des détails de ces amendements constitutionnels. Il semblerait que « les formulations ont changé » et que ces changements ont été la cause des « réactions négatives initiales » de Paul Bérenger dans la soirée d’hier.
L’autre point d’éclaircissements en suspens concerne des consultations entre le président de la République et le Premier ministre sous la IIe République au chapitre de la politique étrangère. Toutefois, aucune des sources approchées n’a voulu confirmer ou infirmer ces faits dans la conjoncture, considérée comme délicate.
Pour sa part, le leader du MMM avait fait comprendre hier matin que « c’était simplement une question de wording ». Sa démarche initiale était que tout nouveau point qui serait soulevé par le leader du PTr risquait de mettre en péril l’ensemble de l’accord.
De son côté, Navin Ramgoolam avait une autre conception au sujet de ce document. Sa lecture était que sur certaines propositions, il comptait faire des contre-propositions afin qu’il y ait en fin de compte une « real balance » dans l’accord à être conclu entre les deux partis. Il semble donc que des contrepropositions rouges auraient exaspéré le leader du MMM d’où sa déclaration à l’effet que ses premières impressions sont « négatives ».
Néanmoins, le document Ramgoolam a été de nouveau étudié par Paul Bérenger et ses proches collaborateurs ce matin. Interrogé ce matin par Le Mauricien, Paul Bérenger n’a fait aucun commentaire mais a suggéré qu’il est au courant qu’il y a « tout un “déboulement” dans les rangs du Parti travailliste » et que quant à lui, il laissera le bureau politique et le comité central de son parti décider de la ligne à suivre sur ce projet d’alliance.
Dès les premières réactions négatives d’hier soir, les usual political channels ont été activités en vue de dégager une possible sortie de crise conjoncturelle. Il semblerait que des contre-propositions du MMM aux contre-propositions du PTr ne soient nullement à écarter.
Entre-temps, la question sera étudiée cet après-midi au sein des instances dirigeantes du MMM à savoir le bureau politique et le comité central, qui passeront en revue les derniers développements sur l’échiquier politique. Aucune déclaration n’est attendue à la fin de cet exercice en attendant la conférence de presse que donnera le leader du MMM, Paul Bérenger, demain matin à la municipalité de Port-Louis. Ce point de presse a été avancé d’un jour parce que samedi sera férié en raison de la fête Gunesh Chaturthi qui sera célébrée à travers l’île.
Hier à la réunion organisée à la municipalité de Quatre-Bornes, Paul Bérenger a indiqué qu’il laissera les militants décider s’il faut conclure une alliance ou pas avec le Parti travailliste. Les dirigeants avaient pris la précaution hier de demander aux participants de déposer leur portable à l’entrée, visiblement afin d’éviter que la réunion ne soit enregistrée à leur insu.