La conférence internationale scientifique qui s’est ouverte hier à l’auditorium Octave Wiehe à l’Université, sous le patronage de la vice-présidente de la République Monique Ohsan-Bellepeau et du ministre de la Culture Mookhesswur Choonee, va notamment permettre de rassembler des données sur les pays sources et les pays destinataires de l’engagisme. Aussi la possibilité de comparer différentes recherches effectuées dans des disciplines telles que l’histoire, l’anthropologie, l’ethnologie, les arts (etc.) permettent de franchir un nouveau pas dans l’histoire de cette forme bien spécifique d’exploitation.
Les initiateurs de cette conférence soulignent le fait que l’étude du système de l’engagisme occupe généralement une part minime dans les conférences consacrées à l’histoire des diasporas, particulièrement en vogue depuis quelques années. La présente conférence devrait permettre, avec une quarantaine d’intervenants de treize pays différents, de corriger ces lacunes dans le secteur de sciences humaines.
Lors de l’ouverture de la conférence, le ministre des Arts et de la Culture a rappelé l’importance des sites mémoriels, tels que Le Morne et Aapravasi Ghat, en tant que lieu d’histoire partagée, et l’opportunité de cette conférence pour approfondir notre compréhension du passé. Aussi, a-t-il marqué son intérêt pour le projet d’une route du travail engagé, qui fait l’objet d’une réunion de réflexion particulière, parallèlement aux conférences inscrites au programme.
Cette cérémonie d’ouverture a permis aussi de remercier Leela Gujadhur Sarup pour ses recherches dans les archives de Calcutta, et d’initier la présentation de ses deux derniers ouvrages qui arrivent après une dizaine d’autres. L’un d’entre eux a notamment été offert pour la beauté du symbole par la vice-présidente au représentant du Surinam. Leurs titres sont Colonial emigration 19Th — 20 th century _ Proceedings, Volume VIII (15th book on colonial emigration) ainsi que Facts about indentured labour, Reports and diaries of Major G.D/. Potcher and George A. Grierson. L’auteur a donné quelques précisions et points de vue sur ses analyses particulières dans une intervention dans le cadre de la première session de la conférence.
Le Professeur Sudesh Misra des Fidji a proposé une keynote address particulièrement dense, sur cette part de l’histoire qui a longtemps figuré dans les digressions, ou dans les notes de pied des ouvrages et documents officiels. Il met en valeur le témoignage et l’histoire individuelle de travailleurs engagés qui ont vécu aux Fidji. Ainsi un jeune homme raconte ses vingt-et-un an aux îles Fidji. Aussi, au chapitre des tromperies assez ironiques dont ces travailleurs ont fait l’objet, le conférencier a livré cette citation à la réflexion de l’assistance : « Look, brothers, the place where you will work, you will never have to suffer any sorrows. There will never be any kind of problems there. You will eat a lot of bananas and a stomach-full of sugar cane, and play flutes in relaxation. »