Les cent ans du scoutisme à Maurice et le centenaire du guidisme dans le monde sont deux événements que les scouts et guides locaux tiennent à marquer cette année de fort belle manière. Diverses activités ont été programmées pour démontrer que le plus vieux mouvement de jeunesse au monde est bel et bien vivant, qu’il conserve sa vitalité en dépit du poids des années et qu’il a toujours sa place dans la société.
Bien qu’ils partagent le même père fondateur, en la personne de Lord Baden Powell, et la même philosophie, les programmes d’activités des scouts et des guides sont différents. S’ils suivent des chemins différents, tous deux n’en poursuivent pas moins le même objectif : le développement intégral des membres. Si les scouts accueillent aussi bien des filles que des garçons, le guidisme, lui, est exclusivement féminin. Une spécificité à laquelle les guides tiennent beaucoup, comme nous le font comprendre des responsables locales du mouvement, Béatrice Fidèle, Karine Chan Kon, Annabelle Némorin et Pascale Allet-Eléonore de la Mauritius Girl Guides Association (MGGA).
Adaptation.
Scoutisme et guidisme prônent les mêmes valeurs et veulent aider les membres à bien s’épanouir, à être des citoyens responsables, capables de prendre des initiatives et assumer des responsabilités. “Le scoutisme forme un jeune pour être un leader demain, être un citoyen responsable dans la société et aider les autres. Il y acquiert des connaissances, des compétences et une attitude”, souligne Maïta Madelon, commissaire au programme des jeunes.
Béatrice Fidèle, Public Relations Officer (PRO) des guides, affirme que “le mouvement permet aux filles de prendre des responsabilités, que ce soit dans le mouvement, à l’école ou dans la vie de tous les jours”. Les deux mouvements sont ouverts aux jeunes croyants, peu importe leur foi religieuse.
Quand on connaît l’évolution du monde et la modernisation de la société, avec des jeunes pris par la scolarité et les leçons particulières, puis le travail, sans compter les activités de loisirs, faire partie d’un mouvement qui célèbre cette année son centenaire peut paraître désuet. Mais tant le scoutisme que le guidisme tiennent la route, font comprendre nos interlocuteurs. Et pour y arriver, “le mouvement s’est adapté”, laisse comprendre Cyril Rose, chef scout et l’un des doyens encore au service du mouvement. Une adaptation nécessaire pour la survie même de l’organisation, que ce soit chez les scouts ou chez les guides.
Manière de faire.
Si les deux organisations existent toujours et trouvent encore des adhérents, c’est aussi grâce à la diversité des activités qu’elles organisent, qui suscitent l’intérêt de beaucoup de jeunes. Sans oublier qu’il n’est pas seulement question de connaissances, explique Maïta Madelon : “Le mouvement amène les membres à penser globalement et agir localement. Il aide le jeune à créer des liens, à Maurice comme à l’étranger, en participant à des activités internationales.” Karine Chan Kon, commissaire des Rangers, renchérit : “Ce n’est pas comme à l’école. Nous aidons au développement intégral du jeune.” Dominique Gracieux, président du comité centenaire, et Maïta Madelon ajoutent que le scoutisme forme des citoyens et aide le jeune à trouver sa place dans la société, où il sera appelé à être un citoyen responsable.
Mais qu’en est-il de leur disponibilité ? Pour Dominique Gracieux, les deux mouvements trouveront toujours des jeunes qui s’intéresseront au groupe. Et même si les études ou le travail peuvent prendre le dessus à un certain moment, “certains vont revenir”, affirment unanimement nos interlocuteurs. Cela parce que le scoutisme comme le guidisme ont des spécificités, un programme et des règlements bien définis. D’ailleurs, nombreux sont les parents à vouloir que leur enfant fasse partie de l’un ou de l’autre mouvement, justement à cause de la discipline et des valeurs qu’ils transmettent.
Dominique Gracieux n’hésite pas à dire qu’un scout est reconnaissable de par sa façon d’agir, de prendre des initiatives et sa façon de se mettre au service des autres. Pour lui, l’habit ne fait pas le moine; ce n’est pas l’uniforme ou le foulard qui compte. C’est dans sa manière de faire et d’agir que le scout et la guide se dévoilent.
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Cyril Rose, chef scout :
“Le scoutisme doit évoluer avec son temps”

Scout depuis l’âge de 13 ans, Cyril Rose, 66 ans aujourd’hui, fait partie de la vieille garde du mouvement à Maurice. S’il concède que le scoutisme n’est plus comme à son époque, il affirme que c’est un mouvement qui s’adapte à son temps. Malgré ses 100 ans, le scoutisme gardera toujours une certaine jeunesse, dit-il, car il est fait pour les jeunes et animé par eux.
C’est sa fascination pour l’uniforme qui a d’abord attiré Cyril Rose vers le scoutisme. Mais c’était aussi pour les activités qui permettent à un jeune de se développer intégralement, tout en lui inculquant les valeurs comme la camaraderie, l’esprit d’équipe, la solidarité, le sens de la débrouillardise…
S’il reconnaît que le scoutisme doit évoluer avec son temps, Cyril Rose souligne que le modernisme a bousculé certaines choses et que le programme a dû être revu afin de s’adapter aux nouvelles tendances chez les jeunes qui font vivre le mouvement. Il cite volontiers la longue marche qu’il a dû faire pour son premier camp à Poste Lafayette, où il a fallu se lever très tôt, participer à une célébration, avant de transporter matériels et vivres comme des palanquins sur les épaules. “Aujourd’hui, les scouts disposent d’un moyen de transport pour les déposer et d’un camion pour leur matériel.”
Mais il n’est pas contre le modernisme pour autant, et se dit au contraire en faveur d’un programme adapté mais qui continue à inculquer les valeurs du scoutisme à travers ses lois et la promesse scoute. “Nous arrivons à transmettre les mêmes valeurs, comme on l’a fait pour les premiers scouts.” Il est même heureux de ce que le mouvement est devenu aujourd’hui : dynamique, avec des jeunes très volontaires.
Si à un certain moment le mouvement n’était plus ce qu’il était avec un certain laisser-aller au niveau de la discipline, il note que depuis quelques années “tout le monde a recommencé à porter l’uniforme convenablement et le respecter”.