Quelques jours après l’attentat au musée Bardo, à Tunis, des sculpteurs de différents pays se sont réunis à Mahres, ville du sud de la Tunisie. C’est le signe d’un élan de solidarité international après le choc de Bardo. La ville respirait un parfum de liberté au Festival international des arts plastiques de Mahrès. Notre compatriote Dhyaneswar Dausao a fait un travail in situ, explorant les branches d’un arbre du pays : L’olivier, un songe d’arbre. Le résultat, une oeuvre ouverte à l’infini et figée à jamais sur une plage du sud de la Tunisie.
Le sculpteur mauricien Dhyaneswar Dausao s’explique sur son travail au FIAP 2015 à Maharès (Sud de Tunisie) : « J’ai travaillé une sculpture en bois d’olivier en forme verticale de 2.50 cm . J’ai exploité des branches de différentes formes en sculptant et ensuite en faisant un assemblage pour arriver à cette oeuvre originale. On trouve le bois d’olivier partout, un arbre symbole de paix et de prospérité… »  Le titre de la 28e session de cet événement était « La sculpture dans l’espace publique ». De fait, on a vu défiler beaucoup de gens dans le Jardin des arts pour voir les activités artistiques qui se déroulaient. Le public dialoguait avec les participants de la Tunisie, l’Algérie, la Libye, l’Egypte , la Syrie, le Liban, l’Iraq, la France,  l’Italie, la Turquie, le Maroc, la Palestine, la Pologne et l’île Maurice. Il y avait la volonté de connaître les fondements historique et artistique de la pratique environnementale de l’in situ. Chaque sculpteur devait créer une oeuvre pour la collection du festival. Des interventions qui relèvent du contextuel, événementiel ou rituel. Au final, des oeuvres inédites spécialement créées à partir du lieu et inspirées par Mahrès.
Les ateliers du Fiap de Mahrès se sont déroulés sous le thème «Sculpture publique, Mahrès crée son environnement». C’est dans cet environnement que Dausoa a réalisé une sculpture semi-abstraite représentant une silhouette humaine à partir d’un assemblage de bois de récupération (pour fabriquer du charbon) et de branches d’olivier. Le sculpteur a envisagé son oeuvre en dégageant le volume et en rajoutant de la matière. Il l’a ensuite affinée. Utilisant le bois d’olivier, cette matière porteuse de tant de possibles. Dausoa s’implique dans des interventions qu’il aime penser «in situ» : les bois de Mahrès. Ce type d’engagement dans la matière relève de la conception de la sculpture comme une seconde nature.
Autre événement auquel a participé notre sculpteur : Al Maken-In Situ. C’est une semaine (du 3 au 13 août) de manifestations où cohabitent la peinture, la sculpture, le street-art, les arts visuels, etc, pour faire connaître le meilleur de l’art pour la Tunisie. « Al Maken-In Situ, c’est la première rencontre en Tunisie entre des plasticiens du monde, pour un vivre-ensemble dans un lieu défini, dédié à la création, le partage, l’échange et la convivialité à Sidi Bou Said, banlieue de Tunis. » Cette rencontre a eu lieu dans l’enceinte de l’Institut des Hautes études touristiques (Sidi Dhrif) avec la participation de 25 plasticiens de nationalités différentes. Ce projet a vu le jour grâce aux efforts des artistes et acteurs culturels tunisiens et se développera avec la participation des organismes SMAP et AIAP et le soutien de sponsors et de mécènes. A Al Maken, les artistes ont travaillé à partir de matériaux de récupération dans leur environnement immédiat. Des créations en métal, assemblage, bois, reliefs en matières variées, ont été exposées à l’issue de cette rencontre artistique. Lors de leur séjour, une visite au Musée Bardo a été organisée. Le musée était fermé pendant longtemps après les attentats. L’on a pu voir les dégâts causés par les balles qui avaient atteint les vitres.