Un sentiment de joie se reflète sur le visage de cet artisan à qui la vie n’a fait aucun cadeau, et qui avait décidé de mettre fin à ses jours lorsqu’il vit dans l’arbre qui allait lui servir d’appui pour sa pendaison, la forme d’une poupée. C’est ainsi qu’il eut le déclic pour la sculpture.
Modeste dans son approche, préservant méticuleusement les coupures de journaux qui relatent son parcours d’autodidacte, Lewis Dick raconte que dans les années 70, il était apprenti maçon. Comme ses amis, il rêvait de faire ses valises pour l’Arabie Saoudite, sauf que lui n’était qu’un manoeuvre et ses amis, des maçons confirmés. Il venait de se marier, avait deux filles en bas âge, et c’était Noël. Dans la hotte du Père Noël, Lewis Dick ne pouvait que noyer ses larmes, il n’avait pas d’argent et il ne pouvait pas offrir de poupées à ses filles. Il n’avait plus rien à se mettre sous la dent, rien pour nourrir ses enfants. Dans sa tête, tout s’embrouille et Lewis Dick décide de mettre fin à ses jours par pendaison. En accrochant la corde à un arbre, il voit cette branche, comme une fourche qui ressemble à deux petites mains et deux petits pieds. S’emparant d’un tournevis aiguisé sur une roche carri, il monte sur l’arbre pour couper la branche. Et il la façonne en y mettant deux petits yeux, une bouche, un nez. Il l’a finalement, la poupée qu’il voulait offrir à ses filles.