Son crime est d’avoir été abandonné par les siens alors qu’il n’était qu’un bébé. De n’avoir pu compléter sa scolarité, de ne pas pouvoir travailler parce qu’il souffre de tuberculose et de défaillance cardiaque. Et d’avoir à dormir sous un pont de la capitale parce qu’il n’a pas de maison. Autant de raisons qui expliquent pourquoi il a été matraqué et boxé par un groupe de policiers, mercredi dernier. Mais ni les coups, ni les insultes, ni la nuit en cellule n’ont conjuré le drame de ce jeune homme d’une trentaine d’années, qui rêve d’un amour familial qu’il n’a jamais connu, d’un toit et d’une vie paisible.
La nuit a été dure, très dure pour Vicky Kumar. Il semble pourtant résigné. Pour lui, la vie ressemble à une succession de coups durs. De temps à autre, une grimace déforme son visage impassible; la douleur est encore vive malgré les analgésiques. Il est rentré de l’hôpital il y a quelques minutes : les radiographies ont révélé qu’il a une côte fracturée. Durant les semaines à venir, il lui faudra faire avec.