L’«explanatory memorandum» est instructif à plus d’un titre quant aux intentions de ses rédacteurs. Puisque, en préambule, il fait mention que«the object of this Bill is to make special provision regarding the declaration of a candidate as to his community for the next general election, pending the subsuming of the Best Loser system in a different method of allocating additional seats». C’est, en clair, une promesse formelle d’une réforme électorale à venir.
Toujours dans ce préambule explicatif, il est ensuite dit que«a candidate at that election may elect not to declare the community to which he belongs. Where he does not make such a declaration, he shall be deemed to have opted not to be considered for the purpose of the allocation of additional seats pursuant to the First Schedule to the Constitution and no additional seat shall be allocated to him».
S’agissant des conséquences de cette nouvelle provision, le texte prévoit ce qui suit : «Where a candidate who has not declared his community is returned as member, the Electoral Supervisory Commission shall, for the sole purposes of determining the appropriate community and allocating additional seats under paragraph 5 of the First Schedule to the Constitution at the next general election, proceed on the basis of the average number of returned members belonging to each community at all general elections held since 1976.»
Enfin, pour ceux qui auront opté pour la déclaration communale, c’est l’ancienne formule stipulée dans la cédule 5 de la Constitution qui sera appliquée. Le texte précise en ces termes : «Where all candidates who are returned as members have declared their community, the allocation of additional seats shall continue to be effected under paragraph 5 of the First Schedule to the Constitution.»
Étroitement associé à la préparation de ce texte ainsi qu’aux travaux du comité Faugoo sur la réforme électorale, c’est selon toute probabilité le leader de l’opposition qui secondera la présentation de cet amendement constitutionnel. C’est en effet Paul Bérenger qui, pour la première fois et publiquement,avait, il y a quelques semaines déjà, évoqué le remplacement du mot «shall» qui a valeur d’obligation dans la Constitution et d’autres textes par le mot «may», terme qui, lui, offre une option.
Cette séance spéciale de reprise d’un Parlement prorogé ne sera consacrée, en fait, qu’à cet amendement constitutionnel qui requiert une majorité de trois quarts, laquelle est d’ores et déjà acquise, la majorité gouvernementale avec ses 35 députés et les 19 votes du MMM étant largement suffisants, soit deux voix de plus que les 52 nécessaires pour le faire passer. On devra sans doute ajouter à ces 54 voix acquises au texte celles d’Eric Guimbeau et de Francisco François, l’élu de l’Organisation du Peuple Rodrigais.
«Arvin Boolell in his rightful place»
Quant au MSM et au FSM, leur position n’est pas encore connue puisque leurs porte-parole respectifs, Pravind Jugnauth et Cehl Meeah, ont déploré que le texte ne leur avait pas encore été communiqué à vendredi en matinée. Or, dans les milieux du gouvernement, on s’étonnede cette position dans la mesure où ce n’est que vendredi que le texte a été soumis au Conseil des ministres pour être approuvé et que sa mouture finale et officielle n’a été rendue publique que plus tard en début de soirée. Ceux-là demandent aux deux dirigeants concernés de faire publiquement connaître le standqu’ils adopteront et s’ils voteront ou pas des provisions déjà largement débattues dans le public au lieu de beat about the bush.
C’est au tout début de la séance que le Speaker Razack Peeroo donnera lecture du décret présidentiel ouvrant cette troisième session de la cinquième Assemblée nationale. La prorogation ayant rendu caduque l’existence de certains postes et autres comités, une élection d’un Deputy Speaker et d’un Deputy Chairman of Committees devraient se faire. Ceux qui occupaient respectivement ces postes, Pradeep Peetumber et Nita Deerpalsing, devraient être reconduits sans problème, leur élection étant à majorité simple et l’opposition ne prévoyant pas de candidatures issues de ses rangs.
Cette séance spéciale de l’Assemblée nationale se déroulera dans une nouvelle configuration politique. La majorité gouvernementale a une nouvelle fois été amputée d’une de ses composantes. Après le MSM parti en juillet 2011, c’est au tour du PMSD d’avoirclaqué la porte le 13 juin. Et cela ne veut pas pour autant dire que l’opposition s’en trouve renforcée. Si elle a gagné en nombre, elle n’a rien obtenu en cohérence et en unité, les rapports entre le principal parti de l’opposition, le MMM, et le MSM s’étant considérablement dégradés après les critiques publiques formulées par le clan Jugnauth contre Paul Bérenger.
Le départ du PMSD entraînera, par ailleurs, un remaniement du Front Bench du gouvernement. Devancé par Anil Bachoo qui était devenu le n°4 dans la hiérarchie du gouvernement par le départ du MSM, Arvin Boolell grimpe à la quatrième place derrière Anil Bachoo, vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, le vice-Premier ministre constitutionnel Rashid Beebeejaun et le Premier ministre.«Arvin Boolell in his rightful place», c’est ainsi qu’ont réagi les apparatchiks du PTr qui se réjouissent de la promotion d’un zanfan lakazqui n’a jamais été tenté d’aller voir ailleurs. Malgré des offres dignes et sincères, et alléchantes en plus.