Mark Lundell, directeur de la Banque mondiale pour la région africaine – comprenant le Mozambique, Madagascar, les Comores, les Seychelles et Maurice –, est actuellement  en mission dans l’île, où il a eu une série de sessions de travail avec les autorités.
Hier matin, Mark Lundell a eu une séance de travail avec le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, et ce en présence de hauts officiels du ministère, dont le secrétaire financier Dev Manraj. Il ressort que la Banque mondiale est intéressée à soutenir la stratégie du gouvernement consistant à se rapprocher des partenaires africains. Le projet de la création de trois zones économiques spéciales dans la région – à savoir à Madagascar, au Ghana et au Sénégal – a été évoqué. La Banque mondiale a manifesté son intention de soutenir le développement des PMEs, la réforme du système de l’éducation, la gestion du port et l’économie océanique. Le Country Director est d’avis que la croissance économique « prendra de la vitesse dans les prochaines années » sur la base des actions initiées par le gouvernement. Il soutient qu’il faudra continuer à « accorder une attention prioritaire » au développement des ressources humaines et au rehaussement des infrastructures.
La visite de Mark Lundell à Maurice intervient quelques semaines après la publication par la Banque mondiale du “Systematic Country Diagnostic” sur Maurice. Ce document, qui fait une analyse approfondie de la situation économique du pays, observe que « the key to making Mauritius a successful inclusive high-income economy lies in improving its education system ». Et la Banque mondiale d’insister : « Raising the quality of education and better aligning skills with labor market needs will help Mauritians, especially  the youth, reap the benefits of economic growth in the form of expanded employment opportunities and increase income. » Elle remarque que « a new education system that raises quality and equity would not only help to push the country to a new development path but also break the substantial intergenerational vicious cycle of poverty that  undermines opportunities for much of the bottom 40 percent of the population. »
Toujours sur le chapitre “high-income economy”, la Banque mondiale considère qu’il sera « difficile pour Maurice d’atteindre cet objectif » à moins que « certain infrastructure policies are revised and resilience is built in its infrastructure both public and private in terms of location, orientation, construction codes, lands management and overall public sector management of desaster risks ». Le rapport de la Banque mondiale souligne notamment les problèmes rencontrés en matière de la distribution d’eau. Elle fait aussi remarquer que le manque de concensus concernant le développement la production d’électricité « bloque les investissements et met en péril » la production énergétique « à un prix raisonnable ». Est aussi relevé le problème de sécurité routière. Elle estime qu’il sera difficile pour Maurice de passer à un palier supérieur, à moins d’une modernisation accélérée du secteur public. « Public sector efficiency is subpar when compare to other upper middle-income countries and there are areas where the quality and equity of public service delivery is inadequate », insiste la Banque mondiale.  En gros, la Banque mondiale considère que les aspirations de Maurice de devenir une “high-income economy” seront difficiles à atteindre « if sustainable policies for transport, electricity, water and wastewater management and ocean economy are not put into place ».