Pour la première fois de son histoire, le collège St-Joseph sera géré par une femme. Dominique Séblin, qui quitte la direction de St-Esprit Rivière Noire pour succéder à Serge Ng Tat Chung, déjà en retraite, sera en poste à compter du lundi 16 avril. Cette nouvelle nomination donne lieu à des mécontentements dans le secteur. « À quoi cela sert-il d’avoir lancé un appel à candidatures si c’est pour confier le poste à quelqu’un qui est déjà en fonction comme recteur et qui partait avec un avantage ? Le BEC (Bureau de l’éducation catholique) a bloqué les possibilités de promotion des autres candidats potentiels. L’exercice de sélection a été une farce », estiment des enseignants de carrière.
Les protestataires ne contestent pas les compétences de Dominique Séblin, qui est aussi la présidente de la Roman Catholic Secondary School Union (l’association des managers/recteurs des collèges catholiques), mais l’exercice de candidatures et de nominations. « Au lieu de bercer d’illusions les candidats potentiels, le BEC (Bureau de l’éducation catholique) aurait pu procéder carrément à un transfert de directeur comme c’était le cas il y a quelques années au collège La Confiance », estime un enseignant de cet établissement de Beau-Bassin.
Selon le prof de La Confiance, les candidats n’étaient pas à pied d’égalité dans ce dernier exercice de sélection. Dominique Séblin, ajoute-t-il, avait un avantage certain de par ses nombreuses années d’expérience à la tête du collège de Rivière-Noire.
Les enseignants mécontents soutiennent que dans un souci de « scope of promotion », le BEC aurait dû limiter l’appel à candidatures aux “educators” et aux assistants recteurs détenant les qualifications nécessaires. « Le BEC a bloqué la possibilité de promotion d’un employé à un lower grade, qui détient cependant les critères nécessaires pour ce poste », disent-ils.
Dans le staff room du collège St-Joseph, des enseignants regrettent que la candidature d’une de leurs collègues qui connaît « l’établissement sur le bout des doigts » n’ait pas été retenue. « Cette personne bénéficie aussi du respect de l’ensemble du personnel et des élèves. Elle est sérieuse, franche, ouverte et fait généralement l’unanimité autour d’elle », affirme un membre du personnel enseignant.
La direction du BEC comprend mal cette réaction négative aux nouvelles nominations. Elle soutient que « l’exercice de sélection a été fait en toute transparence » et que « tous les candidats ont eu les mêmes chances ».
« Depuis quelque temps quoi qu’on fasse il y a toujours certains qui sont mécontents », soutient avec une pointe d’agacement Gilberte Chung, directrice du BEC. Et d’ajouter : « C’est un panel qui a fait son choix. La personne choisie est celle qui répondait au mieux au profil qu’il faut pour le collège. C’est l’évêque de Port-Louis qui nomme ensuite sur recommandation de ce panel. »
La nomination de Maryse d’Espaignet au poste de manager du collège St-Joseph suscite aussi quelques réserves dans les milieux du secondaire catholique. Ceux qui contestent cette désignation évoquent les problèmes d’ordre relationnel qu’elle aurait eus avec certains membres du personnel à l’époque où elle était manager de certains collèges de Lorette.
Le BEC réplique que Maryse d’Espaignet a une longue histoire de collaboration avec le collège St-Joseph pour avoir été membre du Board of Governors pendant plusieurs années et membre de la PTA dans le passé. « Elle a des attaches avec le collège St-Joseph », affirme la directrice du BEC.
Au collège St-Joseph, des membres du staff évoquent un sentiment de lassitude et de ras-le-bol qui a prévalu pendant plusieurs années à cause de « problèmes de différentes natures ». Ils évoquent un « sérieux problème d’indiscipline » dans l’établissement et la baisse de niveau académique, comme le témoigne le taux de réussite peu reluisant aux examens de School Certificate et de Higher School Certificate.
Un manque de dynamisme, soutiennent des membres du staff, a affecté plusieurs départements académiques et non académiques. Le personnel a beaucoup d’attentes avec la nouvelle direction et souhaite que leur collège retrouve son lustre d’antan…