La Private Secondary School Authority (PSSA) est en présence d’un dossier « accablant » soumis par la direction du DAV College (Plaines des Papayes) dénonçant le comportement violent, récurrent depuis plusieurs années, d’un enseignant. Celui-ci est connu dans le secondaire privé pour afficher une attitude arrogante en faisant prévaloir ses liens étroits avec un haut fonctionnaire en poste dans un ministère clé.
Cet enseignant de carrière n’en serait pas à ses premiers actes de violence sur des élèves. Il aurait de graves antécédents dans la demi-douzaine de collèges où il a travaillé auparavant. Un directeur d’un de ces collèges ne dément pas : « Il a travaillé chez moi pendant quelque temps mais je n’étais pas du tout satisfait de son comportement vis-à-vis des élèves et du staff. Il y avait régulièrement des plaintes contre lui et j’ai finalement demandé à la PSSA d’instituer un comité disciplinaire. Ce comité n’a pas siégé puisqu’il a choisi de démissionner. »
Le volumineux dossier officiellement déposé à la PSSA par les responsables du DAV (Dayanand Anglo-Vedic) College fait des allégations relatives au harcèlement verbal et parfois à connotation sexuelle, à la violence corporelle, au langage grossier, à l’indiscipline, aux menaces et à l’insubordination. « C’est très grave », peut-on entendre dans les milieux du collège concerné. Aujourd’hui les langues se délient au sein de cet établissement. « Le terme n’est pas exagéré : il “tyrannise les élèves”. Il a un langage vulgaire à leur égard et il frappe parfois très violemment. Il y a eu des cas de blessure », confie un de ses collègues se faisant le porte-parole d’autres enseignants qui désapprouvent un tel comportement.
En dépit des rappels à l’ordre des responsables du Collège DAV, l’enseignant n’aurait pas changé son attitude. La direction du collège est en présence d’un nouveau cas de violence corporelle à l’encontre d’un élève survenu avant-hier.
Pour leur part, les élèves de l’établissement de Plaine-des-Papayes veulent travailler, disent-ils, dans un « environnement plus serein » et espèrent que les autorités de l’éducation s’intéressent rapidement au dossier de cet enseignant.
Les responsables de la PSSA confirment être en présence de doléances à l’encontre de cet enseignant mais soutiennent qu’il incombe à l’employeur de déterminer le type d’action qu’il compte prendre, en vertu des lois existantes. Par exemple, disent-ils, un board de discipline pour écouter les explications de l’enseignant sur ce qui lui est reproché ne peut être institué que sur demande d’un manager. Or dans le dossier soumis à l’autorité de Beau-Bassin, le management du collège n’a pas fait de demande pour l’institution d’un tel comité. Selon nos renseignements, la PSSA n’aurait pas encore examiné en profondeur le dossier qui lui a été soumis.
Par ailleurs, la direction de Arya Sabha, propriétaire des deux collèges DAV, a été informée du problème et « n’y est pas indifférente », selon des responsables de cette organisation. « Tous savent que l’Arya Sabha est une institution sérieuse et respectée. Le collège nous a rapporté ce problème et cela coule de source que nous avons pris cette affaire au sérieux. Au niveau de la direction de l’Arya Sabha, nous sommes arrivés très loin dans nos discussions », nous a déclaré un des responsables hier matin.