Après deux ans sans réunion, le board de MEDCO s’est réuni hier après-midi pour la dernière fois. Rashad Daureeawoo, qui a présidé cette dernière réunion, a été nommé ambassadeur au Pakistan et devrait partir incessamment pour ses nouvelles attributions. « C’était une réunion de winding-up et on ne siégera plus. C’est au gouvernement de décider de la composition d’un prochain board », confirme un des participants. Le plus grave, c’est la situation catastrophique, dont le ministère de l’Éducation est parfaitement au courant, qui prévaut dans les établissements MEDCO.
Des participants à cette réunion d’hier confirment au Mauricien la dissolution du board de MEDCO. « On s’est retiré aujourd’hui (ndlr : hier) et un nouveau board sera constitué incessamment » dit l’un d’entre eux. Ce dernier confirme aussi que l’ancien board n’a pas siégé pendant deux ans. « Il n’y avait pas de décisions majeures à prendre, c’était du business as usual », soutient un responsable de MEDCO. « Il n’y avait pas le feu », ajoute-t-il.
Et pourtant depuis deux ans l’Union of Private Secondary Education Employees dénonce régulièrement la pagaille dans la gestion des établissements MEDCO. « Pandan plizier lane pa finn fer nanrien, zot finn less sitiasion pouri », soutient Yayah Paraouty, le président de ce syndicat, qui dit avoir évoqué à nouveau le problème lors d’une réunion avec le ministre de l’Éducation à l’IVTB House. « Minis Bunwaree inn dir mwa ki li o kouran sa sitiasion-la e li finn demand nou fer propozision ».
Il y a actuellement cinq collèges MEDCO dont un à Agalega. À la Private Secondary School Authority aussi on n’est pas satisfait de la gestion de ces établissements. « Il y a un grave dysfonctionnement au niveau de MEDCO et les politiciens le savent », dit un officier de cet organisme. Depuis un peu plus de deux mois, le manager de MEDCO Bhujoharry a démissionné et l’autorité concernée n’a jusqu’ici nommé personne pour le remplacer. Or selon l’Education Act un collège privé ne peut fonctionner sans manager. « MEDCO Bhujoharry est en dehors du cadre de la loi car il n’a pas de registered manager. Ce n’est pas normal » font remarquer des officiers de la PSSA. En outre, MEDCO Bhujoharry n’a pas de recteur, tout comme MEDCO Clairfonds.
Plusieurs questions importantes sont restées en suspens ces deux dernières années, comme par exemple la baisse drastique de la population estudiantine à MEDCO Clairfonds et MEDCO Trinity (Abercrombie), ainsi que le très faible taux de réussite au SC pour ces deux établissements. « Ces deux collèges sont aujourd’hui en zone rouge et il faut impérativement prendre une décision à leur sujet », dit un cadre de la PSSA. Autre question que le ministère devra considérer : le nombre conséquent d’employés (personnel enseignant et non-enseignant) qui ont été transférés ces dernières années dans les collèges d’État mais dont les salaires sont payés par la PSSA. Selon l’UPSEE, environ 500 enseignants employés par MEDCO Bhujoharry travaillent en ce moment dans les collèges d’État.