Les membres du board de la PSSA, qui examinera dans quelques jours – lors d’une réunion spéciale – les demandes des collèges privés subventionnés et payants pour le renouvellement de leur ‘registration’, seront beaucoup plus pointilleux à l’avenir. Le non-respect des règlements dans certains établissements explique la vigilance redoublée de cette autorité. A signaler que le board se base sur les rapports des ‘supervisors’ de cet organisme pour agréer ou rejeter les demandes. Faut-il encore que les documents qu’auront soumis ces officiers contiennent tous les détails, permettant d’obtenir une bonne appréciation du fonctionnement de chaque établissement.
« Je ne dis pas que nous n’étions pas stricts les années précédentes. Nous entendons beaucoup de choses concernant des mauvaises pratiques en cours dans tel ou tel établissement. C’est pour raison que nous devons être encore plus vigilants au moment d’accorder le permis d’opérer pour 2014. Nous ne tolérerons pas des actes ne correspondant pas à l’esprit de l’éducation et qui ne soient pas dans l’intérêt des enfants », prévient un membre du conseil d’administration de la PSSA.
Les rapports des Supervisors, qui sont essentiels dans cet exercice de renouvellement des enregistrements, contiennent les observations de ces officiers sur une série de points ainsi que leurs recommandations. En principe, ces Supervisors doivent faire plusieurs inspections durant l’année scolaire dans les collèges subventionnés et payants, mais compte tenu d’un  manque aigu de personnel, leurs inspections sont concentrées dans les grants-aided colleges. Pour l’année scolaire 2013, qui vient de s’achever, on dénombrait ainsi 89 collèges subventionnés à Maurice (un à Agaléga jusqu’à la Form III) ainsi que 21 collèges payants (pas de fee-paying à Rodrigues). Or, il n’y a seulement que… huit Supervisors pour couvrir tous ces établissements à Maurice et à Rodrigues. Leurs contrôles de routine portent plusieurs aspects, à l’instar de l’état du bâtiment et l’environnement physique de l’école, le management, le curriculum, le nombre d’élèves par classe, les facilités pédagogiques, les time-table des enseignants ainsi que les qualifications de ces derniers.
L’un de ces 21 collèges payants, situé dans le centre des Plaines-Wilhems, a ainsi fait parler de lui il y a plus de cinq ans en raison des réserves des autorités  quant à son programme d’études. Cette école, qui a commencé à opérer en 2003 en offrant des études primaires, voulait poursuivre dans le secondaire. Mais la PSSA et le ministère de l’Éducation s’y sont fermement opposés car le curriculum que proposait l’établissement se démarquait totalement des curriculums au secondaire, connus et acceptés généralement à Maurice, notamment ceux du Cambridge International Examinations, du Baccalauréat International et du Baccalauréat français.
Après avoir essuyé plusieurs refus des autorités, ce collège payant a finalement obtenu son enregistrement de la PSSA en 2012, et ce sur la base d’un programme d’études de Cambridge allant jusqu’à la Form V. Cependant, le site de cet établissement, que Le Mauricien a visité hier, fait mention d’un curriculum complètement différent, similaire à celui que les autorités avaient rejeté. Aucune mention nulle part du programme de Cambridge. Selon nos informations, la PSSA s’y est intéressé elle aussi aujourd’hui.
Par ailleurs, sous le couvert des leçons particulières pour le SC et le HSC, certains proposent en fait des classes payantes pendant une journée, et ce alors qu’elles n’ont pas les permis nécessaires. Ces écoles parallèles, et illégales, sont très visibles dans certains endroits du pays, que ce soit à Rose-Hill, à Flacq ou encore à Port-Louis, pour ne citer que ces cas. Selon nos informations, quelques-uns de ces “tution providers” avaient, dans le passé, introduit une demande de “registration” auprès de la PSSA, mais l’organisme de contrôle n’y a pas répondu favorablement du fait de nombreux « manquements » remarqués à tous les niveaux.