La menace de grève brandie depuis un mois par l’Union of Private Secondary Education Employees Union (UPSEE), pour protester contre la mise en oeuvre du projet “Nine-Year Schooling” et d’autres questions non résolues dans le secteur, se concrétise sous la forme d’une journée de désobéissance, prévue mardi prochain. Le syndicat a donné le mot d’ordre cette semaine à ses 3 000 membres de rester chez eux ce jour-là, favorisant le risque que cette journée scolaire soit largement perturbée dans le secondaire privé en cas d’absence massive des enseignants et du personnel administratif.
Lors d’une conférence de presse hier, les dirigeants de l’UPSEE ont confirmé le mot d’ordre donné à leurs membres pour cette journée de désobéissance. « Nous avons donné le mot d’ordre à nos membres de rester à la maison le mardi 26 avril en signe de protestation contre le plan de réforme de l’éducation. Ce projet de “Nine-Year Schooling” est au détriment de l’éducation. Nous sommes dans le flou total sur de nombreux aspects concernant sa mise en pratique. Ce projet de réforme ferait plus de tort que de bien, tant à l’enfant mauricien qu’à l’ensemble du système éducatif. Pa zis l’UPSEE ki pe dir sa ! » a lancé Yayah Paraouty, président du syndicat.
L’UPSEE regroupe principalement le personnel enseignant et non-enseignant des collèges privés non confessionnels. Mais le syndicat comprend également quelques membres travaillant dans des collèges confessionnels catholiques, non catholiques et ceux de l’État. « Nous avons plus de 3 000 membres. Le message de boycott de la journée de mardi a été transmis à nos membres du secondaire d’État et des collèges confessionnels », affirme le président de l’UPSEE.
Ce syndicat fait part lui aussi de ses réserves sur le Primary School Achievement Certificate en remplacement du CPE, sur l’introduction du National Certificate of Education (à la fin de la Form III) ainsi que sur d’autres points que sont : la composante de contrôle continue dans les deux nouveaux examens nationaux; la conversion de 11 collèges d’État en “Academies” (Form IV à VI), et le mode d’admission dans ce nouveau type d’établissement; le nouveau curriculum de Form I à III; la disparition de la filière Prevocational Education et l’avenir des enseignants travaillant dans ce secteur; et la place des enfants ayant des difficultés d’apprentissage dans le nouveau système au secondaire.
Selon les observations de l’UPSEE, l’avenir des collèges privés confrontés à un manque d’élèves depuis plusieurs années serait aussi menacé par cette réforme. « Contrairement à ce qu’affirment les concepteurs du “Nine-Year Schooling”, cette réforme renforcera la compétition à la fin du Grade 6 et à la fin du Grade 9. Konpetisyon-la pou vinn plis feros. Se enn reform ki pa pe al dan bon direksyon et bizin dir “non” a sa proze-la », a insisté Yayah Paraouty.
Outre l’appel à ses membres pour le boycott de la journée du travail de mardi prochain, l’UPSEE prévoit aussi avec la participation d’autres partenaires du privé à une grande manifestation à Port-Louis le vendredi 20 mai. Ce syndicat convoque ses membres demain à une assemblée générale spéciale à Rose-Hill, où d’autres informations sur les actions de protestations leur seront communiquées.