En général le mot d’ordre donné par l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) à ses membres pour un boycott de la journée de travail aujourd’hui n’a pas laissé indifférents les concernés. Les dirigeants de l’UPSEE affichent une grande satisfaction et estiment à 70 % le nombre de personnes qui ont suivi ce mouvement de désobéissance. Selon des officiers de la PSSA, la participation à l’appel de l’UPSEE serait cependant de 60 % à 65 %. Aux dires de ces derniers, la journée scolaire « a été perturbée dans beaucoup de collèges » par cette action syndicale. À titre d’exemple, les 50 enseignants dans un grand collège à Flacq étaient présents mais n’ont pas travaillé. Pour sa part, Gavin Patten, manager du Patten College (Rose-Hill) a confirmé au Mauricien en fin de matinée avoir pris la décision de faire partir les élèves à 9 h 30 en raison de l’absence de la majorité des profs.
« Notre appel a été largement suivi par nos membres et le mouvement de désobéissance est “beyond expectations”. Nous sommes entièrement satisfaits », dit Yayah Paraouty, président de l’UPSEE. « D’après les informations obtenues par nos délégués, dans chaque école, on dénombre au moins 70% des membres ayant participé à cette action syndicale », affirme le président de ce syndicat. Des officiers de la PSSA avouent que l’appel de l’UPSEE a eu un impact sur la journée d’aujourd’hui dans les écoles. « Il y a eu une absence massive de profs dans beaucoup de collèges. On compte de 90% à 95% d’absents dans certains cas. Il y a aussi ceux qui sont allés à l’école mais qui n’ont pas donné cours. Ils sont restés dans la cour toute la matinée », disent ces officiers en citant le cas de ce grand établissement situé à Flacq. « Dan sa kolez-la, Flacq-la, 100% prof inn rest an deor », selon nos interlocuteurs.
Des responsables de collèges touchés par un taux élevé d’absence de personnel enseignant ont téléphoné à la PSSA pour savoir s’il faut laisser ou non partir les enfants. Mais la PSSA n’a donné aucune directive dans cette direction et aurait, en revanche, selon nos informations, suggéré aux responsables d’écoles de plutôt regrouper les élèves, et ce afin d’avoir un « meilleur contrôle ». Dans le cas du “Patten College”, il était quelque « peu difficile et compliqué », dit son manager, de procéder à un regroupement en raison du nombre d’élèves. « Nous avons plus d’un millier d’élèves en combinant les départements filles et garçons. Et aujourd’hui, 80% de nos élèves sont présents. Avec un petit nombre de profs sur place, il était très difficile de gérer la situation. Aussi, pour éviter des problèmes, nous avons décidé de faire rentrer les élèves chez eux en informant la PSSA de notre décision », dit le manager.
À noter cependant que le staff enseignant de certains collèges, pourtant membres de l’UPSEE, était au complet aujourd’hui et a travaillé normalement. « Il n’y a ni absence anormale de profs, ni “sit-in” », dit ainsi au Mauricien le recteur d’un collège du Sud. « Les classes fonctionnement normalement et tous les élèves sont en classe. » Serait-ce un manque d’intérêt de la part de ces profs à la question syndicale ou auraient-ils subi des pressions de leurs employeurs ? « Nous avons nous aussi beaucoup de craintes pour l’avenir du secondaire privé et nous nous posons nous aussi beaucoup de questions sur cette réforme. Mais il y a eu un manque de communication de la part de l’UPSEE avec les responsables des collèges sur cette action syndicale d’aujourd’hui. D’après mes informations, ce n’est qu’hier que certains délégués syndicaux sont venus à l’école pour informer leurs membres sur l’action de ce jour », dit le recteur d’un collège du Nord, où l’ensemble des enseignants a travaillé aujourd’hui, sans aucune forme de protestation.