Photo Archives : le siège de la PSEA à Beau-Bassin
  • L’enseignement de l’agriculture et des langues étrangères en suspens avec le time-table proposé par le ministère

Le “time table” pour les classes de grade 7 à 9 l’année prochaine a été communiqué aux collèges privés par la Private Secondary Education Authority (PSEA). L’absence de l’agriculture a suscité de nombreuses interrogations, avant qu’on ne vienne finalement expliquer qu’il s’agissait d’une circulaire que le ministère a adressée aux collèges d’État et qui a été copiée aux collèges privés. Les recteurs s’interrogent tout de même sur l’avenir de l’enseignement de l’agriculture et des langues étrangères. Avec les langues asiatiques et le kreol morisien qui compteront pour l’examen national de Grade 9, ils ne pourront plus réduire ces classes pour inclure l’agriculture ou les langues asiatiques.

L’agriculture n’est pas une matière enseignée dans tous les collèges. Toutefois, certains, à l’exemple du collège de La Confiance, à Beau-Bassin, en ont fait leur particularité.

D’ailleurs, un élève de ce collège, Udhin Charishnu, s’est classé premier mondialement dans cette matière pour la cuvée 2018. Un autre élève rodriguais en avait fait de même, il y a deux ans. Actuellement, l’agriculture est enseignée jusqu’à la Form V seulement. Les différentes démarches des collèges intéressés pour son introduction en HSC se sont avérées vaines jusqu’ici.

Selon les données du Mauritius Examination Syndicate (MES) pour l’année 2018, six collèges, à savoir La Confiance, London, Prof Basdeo Bissondoyal, Hamilton, Rodrigues College et Le Chou, ont enregistré des candidats en “Agriculture” pour le SC 2018. Le taux de réussite était de 74,3% pour 448 candidats. Or, le nouveau “time table” du ministère laisse planer le doute. Où insérer l’agriculture quand les autres matières compteront pour les examens nationaux de Grade 7 l’année prochaine.

Sollicité à ce sujet, le Dr Jimmy Harmon, directeur adjoint du SeDEC et responsable du secondaire, se dit sceptique sur cette situation. Il souhaite que l’agriculture soit maintenue. « L’année dernière, nous avions déjà soulevé la question avec les autorités, faisant ressortir que dans un contexte où l’on parle d’un retour à la terre, de l’environnement et de sécurité alimentaire, il est dommage que l’agriculture n’ait pas sa place dans le programme.»

Le paradoxe aussi, c’est que l’université de Maurice propose, elle, des cours en Agriculture. « Nous avons aujourd’hui différentes formes d’agriculture avec l’apport de la technologie. Ce serait vraiment dommage que le pays se prive de former les jeunes à ce sujet. À mon avis, si les étudiants ne sont pas exposés à l’agriculture dès le Grade 7, ils seront moins intéressés à opter pour cette matière plus tard et le sujet va mourir. »

Nous avons essayé d’avoir une explication de la PSEA à ce sujet. On nous a indiqué que dans une circulaire en date de juillet 2019 concernant le renewal of registration, l’agriculture est bien mentionnée comme matière à la fois pour le mainstream et l’extended programme. Il n’empêche que la circulaire du 29 août 2019 concernant la period allocation de Grade 7 à 9 – mainstream et extended – pour l’année prochaine a laissé planer le doute.

Sollicité, le recteur d’un collège privé indique que généralement, les établissements adaptent cet emploi du temps du ministère, pour y insérer les matières supplémentaires. «Par exemple, le time table mentionne trois classes par semaine pour les langues asiatiques et le kreol morisien. Ce que nous faisons d’habitude, c’est de prendre deux de ces classes pour faire l’agriculture. Soit une classe pour la théorie et une classe pour la pratique.»

Cependant, ajoute ce dernier, le fait que les langues asiatiques et le kreol morisien sont au programme pour l’examen national de Grade 9 l’année prochaine, pose un problème. « Comment pourrons-nous réduire les classes pour une matière au programme de l’examen national ? Le problème reste entier. Donc, même si le ministère nous permet de continuer à enseigner l’agriculture, le problème se pose par un manque d’espace dans le time table. Il en sera de même pour les langues étrangères. »

Ce dernier estime également que c’est « un manque de considération de la part de la PSEA de nous avoir ‘copié-collé’ une circulaire adressée aux collèges d’État, sans prendre en compte nos spécificités ». De même, dans le milieu de l’éducation catholique, on se demande également où placer l’Intercultural Education et Religious Education, pour lesquelles un protocole d’accord a déjà été signé.