Les nombreuses annonces du ministre de l’Éducation pour revigorer l’éducation secondaire contrastent avec le « business as usual » qui a caractérisé cette année scolaire. Une année “non event” dans l’ensemble alors que dans les collèges d’État et privés, on s’inquiète davantage de l’indiscipline et de la mauvaise conduite des jeunes. Et, cette situation n’est pas sans conséquence sur le niveau de la performance académique… Cette année encore les chefs d’établissement se sont plaints d’une structure administrative figée et des règlements datant de plus de 50 ans qui les empêchent d’agir.
Il semble que cette question d’indiscipline, de violence et d’absence chronique des élèves soit devenue le problème majeur au secondaire. C’est ce que les chefs d’établissement évoquent en premier lorsqu’on leur demande de faire leur bilan de l’année. Déjà, ils sont dépassés tant par le nombre que par la diversité des cas d’indiscipline ainsi que par l’usage qu’en font les jeunes des nouvelles technologies de communication. Ces directeurs de collège qui sont les mieux placés pour évaluer la présente situation préviennent contre une éventuelle amplification du problème à moins d’un sursaut de l’Éducation nationale. Ils réclament un renforcement des législations qui tiendraient compte des nouvelles réalités. Or, à les entendre le ministère ne prendrait pas tant au sérieux cette question. Le « minister pa pe fer nanryen », revient dans la bouche des professionnels de l’éducation.
Le ministère de l’Éducation n’a jamais été très enthousiaste pour l’introduction de lois plus fermes en soutenant qu’il y existe déjà un éventail de lois permettant aux chefs d’établissement d’agir dans n’importe quelle situation. Pour lui, il y a des bons et mauvais gestionnaires à la tête des écoles. Pendant que chacun se renvoie la balle le problème prend des proportions alarmantes. Peut-être que le rapport publié le mois dernier par le National Economic and Social Council, intitulé Indiscipline and Violence at School, permettra aux administrateurs du ministère de prendre la mesure du problème. L’on apprend que les collèges catholiques sont en train de réviser chacun leurs règlements concernant les élèves, les parents et les profs et revoient aussi le protocole des procédures en cas du non respect de ces codes d’éthique.
Il y a quand même eu au cours de cette dernière année scolaire secondaire quelques nouvelles réjouissantes qui méritent d’être relevées car elles représentent une lueur d’espoir et une belle motivation pour des élèves ne fréquentant pas des institutions dites « stars » et qui ne sont pas d’habitude sous les feux des projecteurs. D’abord, la proclamation des résultats de HSC en janvier dernier a donné lieu à une répartition beaucoup plus large des 31 bourses d’études universitaires. En effet, des National et Regional Colleges (situés dans des villes et villages) se sont partagés ces bourses sans compter que la liste des “classés” dans les différentes filières d’études comprenait un nombre intéressant d’élèves ayant fréquenté des collèges régionaux. Un élève d’Adolphe de Plevitz SSS à Grand-Baie a inscrit cette année son nom à la liste des lauréats. Le ministre de l’Éducation et d’autres ministres n’ont pu qu’acquiescer aux bienfaits de la régionalisation pour l’admission en Form I – une initiative de Steve Obeegadoo, ancien ministre de l’Éducation du gouvernement MMM-MSM (2000-2005).
Au mois d’août, le Prevokbek (programme d’études offert par les collèges catholiques et destiné aux élèves ayant échoué le CPE) obtient la reconnaissance internationale pendant les travaux de la 18e Conférence des ministres de l’Éducation du Commonwealth qui a eu lieu à Maurice. Outre d’avoir été retenu parmi les dix finalistes du Commonwealth Good Education Practice Award 2012 sur une centaine de candidatures, ce programme d’études a obtenu une belle note dans le rapport Commonwealth Education Partnership 2012-2013. « Prevokbek breaks taboos about the status of Kreol Morisien. Since 2005 it gradually influenced public opinion and informed government policy decision », peut-on lire dans le volet consacré à la Good Education Practice.
Pour sa part, le Port Louis North SSS, situé à Cité La Cure, faubourg nord de la capitale, s’est distingué au niveau du continent africain lors de l’Olympic Truce 2012 organisé par le British Council dans le cadre des derniers Jeux Olympiques. L’établissement qui a décroché le prix dans la catégorie des posters est aussi le gagnant toutes catégories pour cette région.