Le spectre du cas de suicide collectif à Saint-Paul, Vacoas, le vendredi 27 août 2004, qui est resté un véritable mystère jusqu’ici, a refait surface, hier en début de soirée. En effet, quatre adeptes d’une secte, notamment trois femmes et un homme, ont été retrouvés morts au Chinna Masta Maha Kali Shihann de Belle-Rive à la suite d’une séance de « méditation », qui avait démarré depuis jeudi. Six autres personnes, qui participaient à ce même rite dans ce centre, ont dû être hospitalisées d’urgence en raison de leur état avancé de somnolence et de faiblesse. Mais les dernières nouvelles au cours de la soirée d’hier étaient que leur état est considéré comme stable même si des rumeurs avaient couru que cette « méditation » aurait été fatale pour un cinquième. Mais des sources policières avaient confirmé vers les 22 h 30, hier, que le nombre de victimes était toujours de quatre. Ce cas de suicide est traité comme un cas d’homicide avec l’état-major du Central CID, mené par l’assistant commissaire Heman Jangi, et celui de la Major Crime Investigation Team (MCIT), mobilisés en vue de recueillir tous les indices possibles en vue de faciliter cette enquête.
L’un des Prime Suspects dans cette affaire de suicide collectif n’est autre que le guru Devanand Mannick, âgé de 59 ans, habitant la rue Lees, Curepipe, dont l’épouse a péri lors de cette expérience pseudo religieuse, hier. Le leader de cette secte, qui s’était donné pour mission d’apporter un nouveau visage aux pratiques religieuses, devait être interrogé et inculpé provisoirement de meurtre dès qu’il obtiendra sa discharge de l’hôpital. Le bilan de cette séance de « méditation » en prévision d’un pèlerinage en juillet prochain est lourd après le cas de la tentative de trois membres d’une même famille, dont un est décédé, dans un temple à Providence le week-end dernier.
Pour le suicide collectif de Belle-Rive d’hier, on dénombre quatre victimes, dont trois femmes en l’occurrence Ghendary Mannick, âgée de 54 ans, l’épouse du guru ; Devi Samoo, 53 ans, venant d’Hermitage; Sharmilla Hemraz, 44 ans, de Camp Thorel, et Hoodesh Kaseeram, 56 ans, un habitant de Rose-Belle, membre de la force policière interdit de fonctions. Les dépouilles des victimes ont été transportées à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre de Candos, où les médecins-légistes, dirigés par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, devaient pratiquer des autopsies en vue de déterminer les causes des décès.
Des proches de la secte et des badauds, qui s’étaient déplacés aux abords de l’hôpital de Flacq, dans la soirée d’hier spéculaient que les victimes auraient davantage succombé au froid de la région de Belle-Rive qu’autre chose. Mais une chose est que ces dix personnes, dont des couples, réunies depuis jeudi dans ce centre de « méditation », inauguré en 2013 et situé en plein champ de cannes, presque à deux kilomètres de la route principale, n’avaient rien consommé.
Les six autres, placés sous observation médicale à l’hôpital de Flacq, sont Devanand Mannick, le couple Callychurn venant de Camp Ithier, soit Harrychurn, âgé de 52 ans et Ooma Devi, 45 ans, Girish Hemraz, 52 ans, de Camp-Thorel, dont l’épouse est décédée, Salonee Ralnath, 46 ans de Camp-Ithier et la benjamine du groupe, Anouska Devi Rama, 26 ans, de St-Julien d’Hotman. Les limiers du Central CID, de la CID de l’Eastern Division et de la MCIT attendent l’avis des médecins de l’hôpital de Flacq avant de consigner la version des survivants sur le déroulement de cette séance de « méditation » des plus éprouvantes.
Entre-temps, les premiers détails ayant transpiré dans la soirée d’hier, indiquent que le drame s’est joué depuis tôt hier matin. C’est du moins ce que laisse entendre un des rescapés, Girish Hemraz. « Vers 11 heures, mo ine sey lev mo madam, Sharmilla, mais li ti pa ti pe bouze ditou », devait-il faire comprendre. Depuis la matinée d’hier, il était question qu’on allait la transporter à l’hôpital mais il n’en fut rien. Ce ne fut que vers 18 heures que l’alerte fut donnée et le responsable du centre, un dénommé Seebarrun, aurait aidé à transporter une des victimes à l’hôpital.
D’autres sources avancent que ce fut vers cette même heure que la police de la région fut informée de la tournure dramatique de cette séance de prières hors de l’ordinaire. En cours de soirée, le dénommé Seebarrun fut sommé par les enquêteurs d’ouvrir le centre pour un constat des lieux par les officiers du Scene of Crime Office en présence de l’ACP Jangi, qui y était resté jusqu’à 23 heures. Le responsable du centre devait être interrogé dans la nuit d’hier à ce matin sur les pratiques religieuses en cours.
Les proches des victimes, qui savaient que ces dernières suivaient des cours de « méditation », ne se doutaient nullement de ce dénouement fatal. Ainsi Krish Gujadhur, le neveu de Devanand Mannick, n’arrive pas à comprendre ce qui s’était passé au centre. Il était dans l’enceinte de l’hôpital de Fkacq jusqu’à fort tard pour tenter de trouver des réponses à ses interrogations. « Depuis 8 heures, vendredi matin, j’ai essayé en vain d’entrer en contact téléphonique avec mon oncle, le guru. Mais ce ne fut que tard hier soir que j’ai appris le drame », confie-t-il, en état de choc, au Mauricien.
« Mo gagn enn call nek dir mwa ki inn gayn enn problem. Bizin vinn lopital. Ler mo arive mo aprann ki mo fami ine mort kan ti pe fer laprier », lâche cet autre parent, qui attend la fin des procédures formelles avant le transfert de la dépouille à Candos. Le choc est total parmi ceux qui se trouvaient dans les parages de l’hôpital et maintenus à distance par un cordon de policiers par mesure de sécurité.
Le personnel médical et paramédical de l’hôpital de Flacq a été sollicité par cette urgence d’abord avec l’arrivée des quatre dépouilles. Avant leur arrivée à l’hôpital, les victimes avaient déjà rendu l’âme. Puis ce fut les six survivants, qui étaient dans un état critique. « Ils nous ont fait comprendre qu’ils n’avaient rien consommé depuis le début de la séance de « méditation », jeudi. Nous n’avons pas eu à effectuer des lavements d’estomac. Ils ont reçu les premiers soins et nous pouvons avancer que leur état est stable. Nous allons approfondir le diagnostic médical », souligne-t-on dans les milieux médicaux.
Contrairement au prédécent de la route Saint-Paul du vendredi 27 août 2004, où toutes les victimes avaient péri, le cas de Chinna Masta Maha Kali Shihann de Belle-Rive pourrait être élucidé avec les témoignages des survivants d’autant plus que le leader est encore vivant…