Selon une enquête du Human Resource Development Council (HRDC), le taux d’emploi dans le secteur agricole devrait baisser selon la fourchette 4,4 %-8,1 % d’ici à 2015. Cette estimation est fondée sur deux modèles de prévisions préparés en 2010 et 2011. Un aspect qui se doit d’être remédié au vu de l’importance de ce secteur pour l’économie. Les employeurs évoquent un réel problème de main-d’oeuvre ou encore le peu d’intérêt des jeunes pour ces métiers. Le conseil réunira la semaine prochaine les stakeholders de cette industrie en vue d’identifier une approche ciblée pour un développement accru des ressources humaines.
Les cinq principaux emplois en demande dans le secteur sont : artisan, ouvrier agricole, pépiniériste, opérateur mécanique et agronome. Lors d’un atelier de validation qui se tiendra jeudi prochain au siège du HRDC, il sera question de présenter les résultats d’une étude menée auprès de quelque 150 entreprises au courant de l’année sur le Skills Mismatch dans le secteur agricole. « Le défi aujourd’hui est de trouver un moyen efficace de nourrir la population croissante face à une baisse de disponibilité de la main-d’oeuvre dans le secteur agricole. Il est donc fondamental d’étudier le marché du travail afin de faire coïncider compétences et emplois. En outre, les politiques de développement des ressources humaines doivent être adaptables et en prise avec l’évolution des besoins en compétences », explique Raj Auckloo, directeur du HRDC. Cette instance mettra en place à la fin de cet atelier, un plan national de formation en vue de répondre à l’inadéquation des compétences dans le secteur agricole.
Les résultats de cette enquête seront discutés en profondeur avec la participation de gestionnaires en ressources humaines afin de mieux cerner les attentes des employeurs en termes de compétences, d’évaluer les besoins de formation de la main-d’oeuvre locale et anticiper les tendances de l’emploi dans ce secteur. Les formateurs ainsi que d’autres acteurs clés des secteurs public et privé représentant l’industrie agricole à Maurice seront aussi présents à cet atelier de validation.
Selon les prévisions du HRDC, le taux d’emploi dans ce secteur devrait décroître d’environ 4,4 % à 8,1 % d’ici à 2015. 59 % des employeurs engagés dans la production primaire interrogés évoquent un problème de volume de main-d’oeuvre qualifiée au niveau national, tandis que 35 % ont indiqué un manque dans le secteur ; 17 % estiment que leur organisation est confrontée à une telle situation.
Cette étude a aussi révélé que la planification en termes des besoins en main-d’oeuvre se limite à court terme car peu d’employeurs sont en mesure de prévoir leurs besoins pour leurs entreprises jusqu’en 2013 seulement. Autre fait intéressant et souligné à plusieurs reprises par les planteurs et autres associations dans le secteur agricole : le manque d’intérêt des jeunes pour embrasser une carrière dans le domaine. Ceci est expliqué par le fait que ces jeunes sont d’avis que les possibilités d’avancement sont restreintes. La nature physique des emplois les décourage aussi. Les employeurs ont aussi indiqué que lors du processus de recrutement des travailleurs qualifiés, « les attentes salariales sont trop élevées ». Le manque d’expériences des candidats qualifiés, le manque de formations adaptées, le refus de travailler pendant des heures indues, constituent, entre autres, d’autres difficultés auxquelles font face les employeurs.
Les données de cette étude ont été recueillies auprès d’une centaine d’entreprises opérant dans la production primaire — cultures vivrières, fruits, fleurs, thé, canne à sucre et élevage d’animaux — et auprès de 46 entreprises de l’Agro-Processing (processus post récolte telles la transformation et la distribution).