Après les éleveurs, le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, Mahen Seeruttun, a rencontré les planteurs vendredi dernier lors d’une réunion de réflexion tenue dans le cadre de la préparation d’un plan d’action pour le secteur agricole pour la période 2015/2019. « Ce plan devrait nous indiquer ce que nous devons entreprendre dans ce secteur durant les cinq prochaines années en vue de préparer le pays à faire face aux défis à venir », a-t-il déclaré.
Ce plan d’action destiné au secteur agricole pour la période 2015-2019 vise à étendre les opportunités économiques à travers l’innovation, et ainsi aider les agriculteurs à progresser et à promouvoir une production de qualité et durable. Tout cela avec le devoir de préserver la base des ressources naturelles du pays. Retraçant l’histoire du secteur agricole à Maurice, Mahen Seeruttun a relevé que celui-ci a toujours été dominé par la canne à sucre, « qui connait des difficultés depuis quelques années déjà avec le prix du sucre qui a chuté ». Avec l’abolition du quota sucrier qui prend effet en 2017, ce secteur devrait faire face à des défis énormes. Raison pour laquelle « certains planteurs abandonnent la culture de la canne à sucre », a fait ressortir le ministre de l’Agro-industrie.
Pour ce dernier, les terres abandonnées représentent des opportunités pour les planteurs qui peuvent ainsi réorienter leurs activités agricoles en cultivant des légumes et des fruits ou en s’adonnant à l’élevage.
Mahen Seeruttun a indiqué que la valeur de la production agricole a augmenté dans le pays de Rs 1,4 milliard en 2005 à Rs 2,8 milliards en 2013 sur une superficie de 8 000 hectares pour une production de 115 000 tonnes de légumes et de fruits. « Le potentiel pour améliorer davantage la production agricole existe, mais il doit être abordé de manière structurée, efficiente et compétitive pour que et les planteurs et les consommateurs en sortent gagnants par rapport aux prix », a-t-il souligné. En outre, le ministre est d’avis que « cela devrait avoir un effet positif sur la balance des paiements du pays, car en important moins, nous dépenserons moins de devises. » Relevons ainsi que la production totale de pomme de terre tourne autour de 19 000 tonnes annuellement, soit environ 73 % de notre consommation nationale et celle d’oignon est de 7 000 tonnes, soit 38 % de la consommation nationale.
Parlant de la sécurité alimentaire, le ministre a estimé qu’il faut revoir notre manière de produire, professionnaliser et moderniser le secteur agricole et assurer la relève, car la présente génération de planteurs est vieillissante. « Il faut attirer les jeunes vers l’agriculture, utiliser les nouvelles technologies et s’intéresser à la transformation des produits agricoles », a-t-il soutenu. Mahen Seeruttun s’est alors appuyé sur le cas d’un planteur de Plaine-Sophie qui s’est lancé récemment dans la transformation de l’ail à des fins d’exportation vers l’Afrique du Sud et l’Australie, tout en étant présent sur le marché local. « Il y a de grandes opportunités dans la transformation des produits primaires », dit-il.