Dans la lutte contre la corruption, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) quitte les sentiers battus du secteur public pour s’attaquer au fléau au coeur du privé, en particulier dans les milieux bancaires. En effet, à la faveur d’un Judge’s Order obtenu sur la base des conclusions d’une Preliminary Enquiry sous la Prevention of Corruption Act, une escouade de limiers de l’ICAC a débarqué au QG d’une banque à des fins d’enquête sur un trafic portant sur la perception de commissions de l’ordre de 20 % sur des prêts consentis à des particuliers et à des hommes d’affaires. Le No 2 de cette société, un banquier aguerri avec plus d’une vingtaine d’années d’expérience, est ciblé par ces allégations et il n’est pas exclu qu’il soit convoqué incessamment pour interrogatoire Under Warning avec une éventuelle inculpation provisoire.
Ce sera l’une des rares fois où la direction générale de l’ICAC se prévaut des dispositions de l’article 16 de la POCA, soit Corruption of Agents pour diligenter une enquête au sujet d’un éventuel délit de corruption contre des cadres du secteur privé, ou encore une d’une banque commerciale. Les premiers éléments glanés par Le Mauricien de sources concordantes indiquent que ce membre du Top Management serait impliqué dans des pratiques peu recommandables de corruption au sein de cette banque lors de l’octroi de prêts à des clients.
À ce stade de l’enquête, il appert que dans un cas le No 2 de la banque aurait exigé un pot-de-vin de Rs 5 millions sur un prêt de Rs 25 millions consenti à un homme d’affaires. Aucun détail officiel n’a transpiré jusqu’ici quant à l’identité de ce dernier et la période durant laquelle cette affaire s’est déroulée. Mais il y a quelques semaines de cela, il était question dans certains milieux bien informés des tribulations d’un businessman avec une banque au sujet d’un prêt de ce montant pour pouvoir relancer ses activités.
Avec l’ordre émis par un juge siégeant en référé, l’ICAC compte passer au crible tous les dossiers d’emprunts consentis et vetted par le No 2 de cette banque en vue d’établir s’il y un pattern de commissions à 20 % et également compléter toute la documentary evidence constituant la base de la prochaine séance d’interrogatoire du suspect. Il n’est pas à écarter que les comptes bancaires opérés personnellement par ce haut responsable de la banque intéressent également les enquêteurs de l’ICAC dans l’éventualité d’une inculpation provisoire sous la POCA.
Affaire à suivre car des développements sont annoncés comme étant imminents dans cette enquête de l’ICAC dans le secteur bancaire…