• Le gouvernement a déjà injecté plus de Rs 6 milliards  pour sauver l’ex-Bramer Bank et la défunte MPCB avec la mise en opération de la MauBank

À la veille du 3e anniversaire de la révocation de la Banking Licence de l’ex-Bramer Banking Corporation Ltd, débouchant sur l’écroulement de l’empire Rawat, le gouvernement s’apprête à se débarrasser d’une épine. En effet, les procédures en vue d’adjuger une participation majoritaire de la MauBank à un partenaire étranger ont atteint un stade crucial. Du côté de la MauBank, on est en attente d’une offre formelle chiffrée pour la reprise d’au moins 75% du capital de la banque par un important conglomérat en Inde, soit le groupe Hinduja. À ce stade, les deux parties se disent confiantes de pouvoir compléter la transaction, avec les autorisations des régulateurs, dont la Banque de Maurice, d’ici juin prochain, et d’assurer la présence du groupe Hinduja dans le secteur bancaire à Maurice.

La presse indienne de ce matin se fait l’écho de ce développement à partir des confidences de sources bien informées au sein du groupe indien et de la déclaration officielle du Chief Executive de la MauBank, Srudhar Nagarajan. Celui-ci confirme que les étapes préliminaires en vue de ce rachat de la banque ont déjà été complétées à l’effet que « the due diligence has been completed and the discussion has moved to the next stage ».

De ce fait, le conseil d’administration du groupe Hinduja doit avaliser cette décision et entériner le montant de l’offre à la partie mauricienne dans les meilleurs délais. À ce jour, le gouvernement a injecté des fonds publics de plus de Rs 6 milliards dans la mise sur pied de la MauBank après le naufrage financier de l’ex-Bramer Banking Corporation Ltd et la dilapidation alléguée de fonds au sein de l’ancienne Mauritius Post Cooperative Bank. Très peu de détails sont disponibles quant au montant de l’offre qui pourrait être soumise ou encore des attentes de la MauBank pour cette entrée, à hauteur de 75% du capital.

Cette rentrée de fonds, avec la réalisation d’une partie des avoirs de la MauBank, devra permettre aux autorités de mettre de l’ordre dans les livres de comptes ouverts dans le sillage de l’opération “Daylight Robbery” avec la révocation de la Banking Licence de la banque de Dawood Ajum Rawat dans la nuit du 2 au 3 avril 2015. Ainsi, l’un des trous les plus conséquents à combler demeure ces facilités bancaires de Rs 3,5 milliards consenties par la Banque de Maurice à la demande de l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, en juin 2015.

Ce montant avait été servi pour assurer le premier remboursement des centaines de milliers de victimes du Ponzi Scheme de la BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities. Mais à ce jour, la National Property Fund Ltd n’a pas été en mesure d’effectuer de remboursement, les intérêts s’accumulant à chaque échéance du 30 juin. Tout semble indiquer que les obligations de la National Property Fund Ltd auprès de la Banque centrale devraient se situer au-dessus de la barre des Rs 4 milliards à ce jour.

Toutefois, en vue de compléter les comptes du scandale financier BAI, groupe dont le chiffre d’affaires était évalué à Rs 35 milliards au moment de l’écroulement, les autorités détiennent une autre carte à jouer sur la place des affaires. Les tractations en vue d’identifier d’autres partenaires pour la National Insurance Company Ltd, entité créée pour prendre le relais des opérations dans le secteur des assurances du groupe BAI, ont été mises en sourdine.

Dans la conjoncture et en cas d’urgence, il n’est pas à écarter que les contacts avec différents groupes économiques pour une prise de participation au sein de la National Insurance Company soient relancés au cours de cette année.