La Banque des Mascareignes a redressé son gouvernail en 2013. Après des pertes de Rs 723 millions en 2012, l’unique banque française et de la zone euro à être implantée à Maurice a dégagé des bénéfices nets de l’ordre de Rs 111 millions pour l’exercice financier se terminant au 31 décembre 2013. Un résultat qui réjouit le Chief Executive officer (CEO), Hoang Dang.
Affectée par d’importantes créances douteuses en 2012 dont les effets ont été durement ressentis au niveau du résultat final, la Banque des Mascareignes a eu à procéder à une injection de capitaux frais d’environ Rs 1 milliard et à un recentrage de ses activités pour renverser la vapeur. « Nous avons réalisé une très bonne croissance hors opérations touchant le global business », observe Hoang Dang. Selon ce dernier, la Banque des Mascareignes a beaucoup plus marqué sa présence dans le segment d’activités tournées vers le marché domestique dit Segment A. Environ 56 % des opérations totales de la banque concernaient ce segment, le reste étant orienté vers le global business ou Segment B7. « Cette évolution démontre notre volonté d’ancrer davantage nos activités dans le marché domestique contrairement à d’autres banques étrangères dont environ 75 % des actifs reposent sur l’international », souligne le CEO de la Banque des Mascareignes.
Hoang Dang indique que la bonne tenue de la banque en 2013 est due à une amélioration de ses performances tant au niveau des activités de détail (Retail) que celui touchant les entreprises (Corporate). Une croissance à deux chiffres a été notée dans les deux cas. De plus, alors que dans le passé le profil des risques de la banque était plus tourné vers des « entreprises fragiles », la situation a été corrigée en 2013, la banque ciblant davantage les sociétés classées dans le « Top 100 » ainsi que les PME beaucoup plus solides. « Notre équipe de marketing a travaillé d’arrache-pied pour réaliser une percée à ce niveau », déclare le CEO. S’agissant du Retail Banking, la progression enregistrée par la Banque des Mascareignes en 2013 est attribuable, selon Hoang Dang, au déploiement d’une nouvelle stratégie. Auparavant, explique-t-il, la Banque des Mascareignes s’attaquait au « mass market » mais a depuis adopté une politique mieux ciblée, visant entre autres une clientèle mauricienne comptant des attaches à l’étranger. « Nous avons profité de notre positionnement en tant que seule banque française et de la zone euro à opérer à Maurice », précise-t-il.
L’amélioration des résultats notée l’année dernière est aussi due, selon la direction de la Banque des Mascareignes, à un rehaussement de la panoplie de produits et services proposés par l’institution. La relocalisation de l’agence de Curepipe et le relooking de celle de Tamarin font partie des mesures prises pour booster les opérations. Cependant, le CEO soutient que l’investissement en capital humain a été également un élément déterminant dans la performance de la banque. La formation et le recrutement de nouveaux cadres ont marqué l’exercice 2013. « Le turnover du personnel a été divisé par trois. Nous avons pu retenir les meilleurs éléments et recruter d’autres cadres. Cela cadre avec notre stratégie d’offrir de meilleurs services personnalisés. Notre bonne performance est le fruit de tout un travail d’équipe », fait remarquer Hoang Dang. La Banque des Mascareignes comptait à fin décembre 2013 un personnel de 252 membres contre 230 à fin 2012.
La banque présentait un bilan de Rs 20,9 milliards en décembre 2013, en légère réduction par rapport à son niveau de fin 2012 mais le CEO fait remarquer que l’institution a mis en place l’année dernière une politique de réduction du coût du risque et s’est donné, au moyen d’un renforcement de ses fonds propres, un ratio d’adéquation du capital satisfaisant de 12 %, ce qui lui a valu une amélioration de sa notation (CAMEL Rating) par la Banque de Maurice.
La Banque des Mascareignes ne prévoit pas d’ouverture de nouvelles agences pour l’année en cours. Son objectif est de consolider ses résultats et se focaliser davantage sur les activités domestiques tout en faisant des efforts pour accompagner les entreprises mauriciennes dans la mise en place de leurs stratégies de régionalisation voire d’internationalisation de leurs opérations. « Nous mettons les capacités internationales de notre groupe au service des entreprises locales », indique Hoang Dang.