La Banque de Maurice a tiré la sonnette d’alarme sur le secteur bancaire cette semaine. Le gouverneur de la BoM, Manou Bheenick, intervenant lors du dîner annuel de la Mauritius Bankers’ Association (MBA), jeudi soir, a fait un tour d’horizon des plus critiques surtout à la lumière du scandale des arnaques financières sur le plan local et le contrecoup avec un préjudice de Rs 2,7 milliards essuyé par quatre banques lors de leurs transactions avec des clients à l’étranger, notamment en Inde. Il a saisi également l’occasion pour rappeler aux opérateurs bancaires que la politique de zéro tolérance est de mise en matière de lutte contre le blanchiment de fonds avec cinq banques commerciales sous la menace de fortes amendes pour non-respect des directives et pour contravention à la loi.
Dans la conjoncture, l’une des préoccupations majeures de la Banque centrale demeure le fait que « despite all care and diligence, banks are not totally shielded from fraud risks or financial crimes ». Le gouverneur de la Banque de Maurice prend à témoin les récentes arnaques financières avec pas moins de 2 031 victimes se présentant au Help Desk à la BoM Tower avec des réclamations officielles de Rs 769 millions. Tenant en ligne de compte le fait que d’autres victimes hésitent encore à se dévoiler, cette institution est d’avis que la barre du milliard est déjà passée.
Avec sa verve habituelle, Manou Bheenick a remué le couteau dans la plaie en faisant comprendre aux banquiers que « recently the banking sector has been shaken again out of its comfort zone. It was not a moment of glory for bankers and the Central Bank to realize that they have been outwitted by scammers using the loop holes in the regulatory framework ». Quelques secondes plus tard, il rajoutera que « it was certainly not flattering to any of you learn that a number of bankers may have fallen prey to the Ponzi Schemes – we cannot put this on their financial illiteracy, can we ? It is rather a worrisome fact ».
Face à cet état de choses, la Banque centrale préconise un renforcement des « compliance functions to protect your institutions from being used as conduit for illicit activities ». Manou Bheenick s’appesantit sur la nécessité d’une vigilance à toute épreuve à toutes les étapes des opérations bancaires, mais principalement en première ligne. « The front-liners need to be well-versed in compliance legislation, manuals and procedures and be able to detect suspicious transactions at an early stage, thus minimising the risks of fraud », fait-il comprendre.
Le prix du non-respect des règlements est relativement élevé. « Notre enquête a révélé que certaines banques commerciales ne respectent scrupuleusement le cadre légal et les directives formulées dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de fonds. Cinq d’entre elles font actuellement face à de très lourdes amendes à être imposées avec la bénédiction du Directeur des Poursuites publiques », avertit Manou Bheenick à ce chapitre.