Le secteur bancaire mauricien est bien placé pour pouvoir proposer des produits et services destinés à la classe moyenne émergente tant en Afrique qu’en Inde. C’est ce qu’estime Michael Lafferty, président du Lafferty Group, société spécialisée dans la recherche, la formation et la publication de données sur l’industrie bancaire internationale. Michael Lafferty intervenait récemment à une réunion avec des banquiers et professionnels de la finance à l’hôtel Le Labourdonnais.
Michael Lafferty est d’avis que la juridiction mauricienne s’est bâti une réputation « second to none » dans la région en s’appuyant sur les principes démocratiques et une structure réglementaire solide dont la protection des droits à la propriété. Il soutient qu’il y a une panoplie de produits et services qui peuvent être offerts par les banques locales dont des comptes bancaires en multiples devises, des cartes de crédit, des services liés au voyage, cela avec des services financiers couvrant les trusts, la planification successorale, les services comptables, légaux, entre autres. « Pour tout cela, l’industrie aura besoin nécessitera des banquiers professionnels en matière de retail banking, des banquiers en qui on peut avoir confiance ainsi que d’autres acteurs de réputation », a fait comprendre l’ancien journaliste du Financial Times et expert-comptable. Michael Lafferty est un Fellow of the Institute of Chartered Accountants in England and Wales.
Le président du Lafferty Group a, dans son exposé, fait comprendre que l’image du secteur bancaire au plan international a pris un sérieux coup avec la récente crise financière mondiale et soutient que « the reputation of banking cannot be allowed to decline further ». Il considère que l’éthique dans le secteur bancaire en général est à son niveau le plus bas et la réaction à cette dégradation de l’image des banques, notamment dans les grandes places financières, a été une explosion de nouveaux règlements et normes internationales. Une étude menée par le Lafferty Group auprès des banques internationales indique un fort penchant pour des normes bancaires internationales. « International banking standards are coming », a-t-il souligné.
Parlant des tendances dans l’industrie bancaire, Michael Lafferty a indiqué que la simplification de la structure corporative des institutions est à l’ordre du jour. Il observe également une montée en puissance du mobile banking et de l’internet banking, cela à travers des investissements conséquents dans la modernisation des plateformes technologiques des banques. L’objectif est de mieux répondre aux attentes de la clientèle. Par ailleurs, le président du Lafferty Group dit constater que l’extension de la présence physique des banques à travers des agences ou succursales à tendance à ralentir. Les agences comptent de plus en plus un personnel réduit, la technologie jouant un rôle accru dans l’expansion de l’activité bancaire.
Michael Lafferty a fait ressortir que les méga-banques en Amérique du nord et en Europe sont en train de lutter pour retrouver un nouveau souffle. Certaines de ces institutions sont même dans une posture défensive. « Fragile banks have been hit by regulations, leaving them in a weakened state and forcing them to shed business, rebuild capital and in general retrench », a-t-il soutenu.
Michael Lafferty est d’opinion que les années 2010 seront celles du secteur bancaire en Afrique comme cela a été le cas dans les années 2000 pour l’industrie bancaire en Amérique latine, en Europe de l’est et au Moyen Orient.
Michael Lafferty a mis l’accent sur la professionnalisation du secteur bancaire et, en passant en revue les activités de son groupe, a annoncé que le retail banking Academy, lancée en 2012, est en mesure d’offrir une formation avancée et pointue aux professionnels.