La Mauritius Export Association (MEXA) est convaincue que le secteur d’exportation peut réaliser un taux de croissance supérieur à la moyenne de 3 % enregistrée ces dernières années, à condition toutefois que des mesures soient prises pour assurer une meilleure productivité dans le secteur, diversifier la production, accroître les exportations et encourager des investissements dans des projets novateurs.
Le secteur d’exportation contribue actuellement pour environ 6 % au produit intérieur brut (PIB) du pays et pour que la vision 2030 énoncée par le gouvernement puisse être réalisée, il faudra doubler le niveau des recettes à Rs 90 milliards, estime la MEXA. Elle propose une stratégie à deux niveaux pour accroître la contribution de l’industrie d’exportation dans l’économie nationale au cours des cinq prochaines années : 1) développer l’exportation en ciblant des secteurs d’activités émergents tout en attirant de nouveaux investissements directs étrangers et 2) introduire des mesures innovatrices qui vont réellement changer la donne et déboucher sur la création d’un secteur vraiment moderne capable de prendre avantage des opportunités offertes dans les secteurs d’activités émergents.
La MEXA suggère des mesures pour développer les exportations régionales existantes mais aussi de nouveaux produits à l’exportation tout en essayant de diversifier les marchés. L’association est en faveur d’une reconduction du Regional Freight Subsidy pour les exportations vers l’ensemble des ports d’Afrique de l’est et des îles. Elle préconise que les autorités viennent en aide aux petites et moyennes entreprises exportatrices notamment au niveau du marketing en Afrique. La MEXA estime que des incitations fiscales sont nécessaires pour intensifier les activités de marketing.
La MEXA appelle à des mesures pour faciliter l’implantation et le développement des entreprises dans le secteur du port franc. Elle considère que le gouvernement pourrait revoir la question du coût d’électricité pour les entreprises du port franc afin que le secteur puisse attirer des entreprises à capitaux intensifs. Outre une nouvelle grille tarifaire pour les opérateurs du port franc, la MEXA souhaite que toutes les entreprises manufacturières s’implantant dans le secteur obtiennent le Freeport Status sans qu’on tienne compte de la part de leur production consacrée à l’exportation.
Maurice se doit d’attirer de nouveaux investissements dans son secteur industriel en particulier dans le secteur high-tech, estime encore la MEXA. Pour cela, elle invite le gouvernement à considérer l’opportunité de venir de l’avant avec une politique d’investissement soutenue par des mesures incitatives fiscales bien définies. Elle est d’avis qu’il faut également lancer une campagne de marketing agressif de la destination Maurice, créer des postes de « Manufacturing Ambassador » dans des pays cibles à commencer par l’Union européenne et l’Afrique du Sud.
Pour ce qui est de la promotion de l’innovation et de la création d’un secteur d’exportation moderne, la MEXA propose l’introduction d’un Automation Development Scheme pour faciliter l’implantation d’industries à capitaux intensifs, la mise en place d’un High-Skill Capacity Building Fund et une politique de fret aérien qui incite à l’exportation. L’association est d’avis qu’il faudrait appliquer des taux plus compétitifs pour les facilités de crédit-bail en devises. Un abattement fiscal incitatif sur l’investissement dans l’équipement est suggéré. S’agissant du High-Skill Capacity Building Fund, l’association estime qu’il pourrait être financé à partir de la « HRDC Levy » soit par une ponction de 0,3 % des fonds alloués au « Workfare Program ».
Par ailleurs, la MEXA se dit en faveur du développement d’un « Regional Textile & Apparel Hub » entre Maurice et Madagascar, de la mise en place de facilités aéroportuaires pour l’exportation des produits du secteur du seafood, du positionnement de Maurice en tant que « cargo destination » entre l’Afrique et l’Asie et l’introduction d’un nouveau plan d’obtention de fonds de roulement à court terme assortis de taux d’intérêt compétitifs.