La gestion de la SICOM, compagnie d’assurance parapublique, continue à faire des vagues. Après le package mensuel de Rs 1 million pour la Chief Executive Officer et de quelque Rs 500 000 pour des membres du Top Management, les investissements immobiliers engagés par cette société sont venus s’ajouter à la zone de turbulence qu’elle traverse. L’acquisition par la SICOM de la Gooljaury Tower à Ébène Cybercity, au coût de Rs 580 millions, décision prise en 2012/13, continue à hanter les livres de comptes. D’autre part, la CEO de la SICOM , qui siège également sur le board de la Mauritius Commercial Bank, se trouve de nouveau en délicatesse car le fait qu’elle détient le droit de vote sur le conseil d’administration de la SICOM est présenté comme étant « not in line with good governance practices ».
Répondant, mardi, à une interpellation du back-bencher de la majorité Sudhir Rughoobur sur les placements effectués par la SICOM au cours de ces cinq dernières années, le ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, a annoncé qu’une enquête a été initiée au sujet du rachat de la Gooljaury Tower. « I must say that there are a number of serious anomalies and potential malpractices which have been seen in this transaction and I have asked my Ministry to start a good governance review on this issue and other issues relating to the affairs of SICOM », fait-il ressortir en soutenant qu’il reviendra sur les conclusions de cette enquête à l’Assemblée.
Initialement, le ministre avait révélé que « I am informed by the Management of SICOM that over the last five years, SICOM has invested in two properties for a total amount of Rs 969 million as follows – (i) SICOM Building II of a gross floor area of 9,500 m2 on a portion of land of 546 m2 situated in Port-Louis for an amount of Rs 377 million, and (ii) SICOM Tower with a gross floor area of 13,807 m2 on a portion of land of 8,096 m2 situated at Ébène. SICOM Tower was purchased for an amount of Rs 592 million ». Il devait préciser que dans le cas du deal avec Rakesh Gooljaury, la SICOM n’a pas eu recours à un exercice d’appel d’offres.
« No tender exercise was conducted. In fact, Arushi Development, a company of Rakesh Gooljaury, approached SICOM for the construction of that building. I am also informed that the company has been paid a total amount of Rs 579,788,443 together with a refundable VAT of Rs 87,411,982. These were paid in May and June 2014 », a fait ressortir Roshi Bhadain, qui a fait comprendre au Whip du MMM, Rajesh Bhagwan, qu’il ne peut confirmer si le patron de Fashion Style a déjà remboursé les prêts contractés auprès de la State Bank of Mauritius et d’autres banques commerciales.
La Chief Executive Officer de la SICOM, Karuna Bhojeedhur-Obeegadoo, n’a pas échappé encore une fois aux critiques du ministre des Services financiers. En guise de flèche du Parthe, il devait mettre en exergue le droit de vote de la CEO sur le Board de la SICOM, privilège qui serait contraire aux pratiques de bonne gouvernance. « With regard to all the Boards of all the parastatal bodies, Cabinet has decided that there is a clear demarcation line between what the Chairperson should do, Board members should do, their roles and responsibilities and the Chief Executives who basically run the organisation. But, on the other hand, the Chief Executive also should not have a voting power on the Board and in the case of SICOM, I am informed that the current Chief Executive actually votes on the Board of SICOM which is also not in line with good governance practices », s’est-il appesanti.
Auparavant, Roshi Bhadain a annoncé une nouvelle enquête sur la gestion de Business Parks of Mauritius Ltd pour la période couvrant 2010 à ce jour. « This is ongoing and a number of issues are being seen, revealed and, of course, this issue will also form part of the report of the review which is being conducted on BPM », confirme-t-il.