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  • Le Mouvement Ti-Planter Cannes dans l’attente de la décision du PM, Pravind Jugnauth
  • Le vote des planteurs dépendra des propositions de chaque leader

Le Mouvement Ti Planteurs Cannes tiendra ce dimanche un grand rassemblement à l’auditorium Octave Wiehe, à Réduit. Les leaders des quatre partis politiques traditionnels sont invités à venir avancer leurs propositions pour assurer l’avenir des petits planteurs de cannes.

À ce jour, seul trois d’entre eux ont répondu à l’invitation des planteurs, à savoir Paul Bérenger, Navin Ramgoolam et Xavier-Luc Duval. La réponse de Pravind Jugnauth est, elle, toujours attendue.

Le porte-parole du mouvement soutient que « le vote des petits planteurs dépendra de ce qu’ils proposeront ». Parallèlement, la communauté des petits planteurs de cannes réclame toujours Rs 2 500 par tonne de cannes.

Le thème retenu pour ce grand rassemblement ce dimanche est “Planter cannes : ki to lavenir ?”.

« Nous avons invité les quatre leaders des grands partis politiques car nous souhaitons savoir ce qu’ils ont à nous proposer pour assurer l’avenir des petits planteurs de cannes, non seulement pour la saison de coupe 2019, mais aussi pour toutes les saisons qui vont suivre. Le vote des planteurs ainsi que de leurs familles dépendra de ce que les leaders proposeront ce dimanche. Depuis un an, nous faisons entendre notre voix, mais les autorités ne semblent pas l’entendre. Les petits planteurs de cannes insistent toujours pour recevoir Rs 2 500 par tonne de cannes, au lieu de Rs 900 à Rs 1 100 », affirme Pradeep Jeeha, porte-parole du mouvement.

Au sujet de l’allocation de Rs 25 000 par tonne de sucre, il avance qu’il « n’y a rien de plus faux que cela ». Selon lui, après avoir déduit certains frais, comme le remboursement des prêts, les petits planteurs ne recevront que Rs 21 000.

Le président de l’association des petits planteurs, également membre du Mouvement Ti Planteurs, Kripalloo Sunghoon, avance pour sa part que le secteur agricole, et surtout les problèmes des petits planteurs, doivent être « au-delà de la politique ».

Il poursuit : « Le secteur agricole est un domaine important pour le pays. Tous les partis politiques auraient dû trouver une solution ensemble pour sauver l’avenir des petits planteurs. » Kailash Ramdhary estime, lui, qu’outre le problème d’argent, les petits planteurs de cannes font aussi face à un problème de main-d’œuvre. « Alors que les établissements sucriers ont dépassé 50% de la saison de coupe, les petits planteurs en sont toujours à 30% », dit-il encore.

En ce qui concerne l’extraction de sucre, il fait ressortir que les petits planteurs sont toujours sous le “first provisional”, c’est-à-dire qu’ils ne reçoivent, en moyenne, qu’entre 63 et 65 kilos de sucre sur chaque tonne de cannes. « Or, ils devaient recevoir au moins 80 kilos de sucre par tonne. » D’où l’insistance des petits planteurs pour recevoir Rs 2 500 par tonne de cannes. Kailash Ramdhary réclame ainsi « des mesures concrètes » pour assurer l’avenir des petits planteurs.

Pour sa part, Shrudanand Sheoraj déplore qu’un établissement sucrier ait été certifié “fair trade” après avoir produit de l’éthanol à partir de la mélasse. « Toute la mélasse du pays va à cet établissement sucrier. À ce jour, personne ne sait la quantité d’éthanol qu’il produit et vend. Tous les planteurs méritent de savoir combien l’établissement sucrier bénéficie à partir de ce commerce. Tous les planteurs de cannes méritent une prime », dit-il.

Par ailleurs, il avance que si le ministère offre une remise de 50% sur les fertilisants, le “voucher” n’est remis aux planteurs qu’en octobre. « Or, les bons planteurs ont déjà coupé leurs cannes en juin et juillet. Ils ne peuvent pas attendre des mois pour appliquer du fertilisant dans leurs champs », précise-t-il.