Avec la confirmation du retard accusé dans le démarrage du chantier de la centrale thermique à charbon de 100 MW de CT Power (Mauritius) Ltd à Albion, le consensus se dégage autour du Plan B du Central Electricity Board (CEB). Aux termes de ce plan d’urgence, le CEB prévoit de procéder à des investissements variant entre Rs 2 et Rs 3 milliards dans l’installation de quatre turbines de 15 MW chacune à la centrale thermique de Saint-Louis. Cette option, en remplacement temporaire de la centrale à charbon, pourrait également faire partie des recommandations de la National Energy Commission (NEC), présidée par le Senior Adviser au Prime Minister’s Office, Dev Manraj. Cette instance s’est réunie ce matin en séance plénière dans les locaux du Mauritius Research Council à Ébène en vue de prendre connaissance des rapports des deux comités techniques institués.
Les dernières indications recueillies de sources autorisées confirment que le démarrage des éventuels travaux sur le chantier de CT Power (Mauritius) Ltd à Albion sera reporté à au moins la mi-2014 dans la conjoncture. La principale raison : les conditions imposées dans le cadre de l’octroi de l’Environmental Impact Assessment Licence, dont des garanties financières de Rs 6 à Rs 8 milliards, n’ont pas encore été respectées de manière formelle.
Face à cet important retard, le CEB prévoit un plan alternatif d’urgence avec l’installation de quatre turbines à mazout d’une capacité globale de 60 MW à la centrale thermique de Saint-Louis. Le Time Frame établi est que ces nouveaux équipements devront être opérationnels et connectés au réseau national du CEB vers la fin de 2015. La décision de principe aurait déjà été obtenue alors que les ingénieurs du CEB s’apprêtent à élaborer les spécifications en vue de lancer l’exercice d’appel d’offres pour la fourniture et l’installation de ces nouvelles turbines à Saint-Louis.
Au cours des délibérations de la réunion du jour de la Commission Nationale de l’Énergie, les membres ont été mis en présence des principales recommandations des deux Technical Committees. L’une des conclusions porte sur des risques de « power deficit » sur le réseau national à compter de fin 2015 et en 2016 également vu que la Reserve Capacity Margin du CEB, notamment la « difference ratio between existing available capacity and peak demand, including reserves », pourrait être inférieure à 5 %.
Dans cette perspective, la commission Manraj pourrait être appelée à épouser la thèse du CEB pour la mise à exécution d’un Plan B avec les quatre moteurs supplémentaires de 60 MW. Cette proposition a été évoquée lors de la présentation des Findings ce matin au QG du Mauritius Research Council. Les membres du NEC seront également appelés à prendre en considération de demander au CEB d’étendre encore d’une année le recours à des moteurs Pielstick, installés et en opération depuis les années 70. La principale contrainte demeure les risques d’explosion de ces équipements, qui sont surexploités jusqu’ici.
D’autre part, les membres des Technical Committees ont tenu à « Put on Record » formellement l’absence de coopération de la part des promoteurs de CT Power (Mauritius) Ltd et des responsables du CEB. En dépit de plusieurs reminders adressés à ces deux organismes, la NEC n’a pas été en mesure d’obtenir des compléments d’informations et des clarifications au sujet de ce projet de centrale thermique de 100 MW à Pointe-aux-Caves et autres développements connexes.
Après la réunion du jour et après avoir étudié les propositions de ces comités techniques, la NEC devra soumettre au gouvernement un premier rapport sur la marche à suivre dans le secteur énergétique pour au moins les deux prochaines années.
De son côté, Rezistans ek Alternativ, par l’intermédiaire d’Ashok Subron et Michel Chiffone, propose l’imposition d’un Levy sur les producteurs d’énergie dits polluants en vue de subventionner le développement de sources d’énergie renouvelables par des « Citizens Cooperatives ». Ce groupement réclame également que le rapport officiel de la Commission Manraj devra être rendu public dès sa soumission au gouvernement.
« Rezistans ek Alternativ remarke, ki plizyer lobi ekonomik, ki li bann IPP sarbon-bagas ekzistan ou bien lobi CT Power dan Leta, finn sey kre enn sikoz lor sipoze black out enerzetik, pou sey zistifye zot minmiz lor prodiksyon enerzetik, ek gard nou prizonye dan prodiksyon lenerzi sal ek ser. Nou panse ki li devwar NEC pou res andeor tou bann vested interest prive ki form parti dan “kartel enerzetik”. NEC bizin plito propoz enn plan de tranzisyon pou nou pei al ver enn nouvo form prodiksyon enerzetik, avek partisipasyon bann ti-planter ek “citizens cooperatives”, ek al ver prodiksyon lenerzi renouvlab, prop ek bomarse a lon term », ont soutenu les deux animateurs de Rezistans & Alternativ en marge de la réunion du jour de la NEC.