Le secteur énergétique sera de nouveau à l’agenda de 2014. Certes, le projet de centrale électrique à charbon de 100 MW de CT Power (Mauritius) Limited à Albion continuera à faire des vagues. Toutefois, le passage du cyclone Bejisa au large de Maurice en ce début d’année est venu souligner l’urgente nécessité en vue d’augmenter la capacité de stockage de produits pétroliers à Maurice. Le débarquement de la cargaison de produits pétroliers du Red Eagle a été interrompu en raison de l’état démonté de la mer avec pour résultat que le programme d’approvisionnement de la State Trading Corporation (STC) a été bousculé en ce début d’année.
Avec la décision du Board du Central Electricity Board (CEB) au sujet de l’Amended Power Purchase Agreement de CT Power (Mauritius) Ltd, la plate-forme anti-charbon compte poursuivre avec sa mobilisation contre le projet de Pointe-aux-Caves. Outre des injonctions en Cour suprême, ils maintiendront la pression et une extrême vigilance pour que la clause financière dans l’Environment Impact Assessment Licence soit respectée à la lettre avant le démarrage du projet.
Au terme de cette condition, les promoteurs de CT Power Mauritius Limited doivent convaincre le secrétaire financier de leur disponibilité financière pour assurer le financement du projet dans son intégralité, soit un montant représentant au moins Rs 6 milliards. D’aucuns avancent que ce n’est nullement une mince affaire même si sous le précédent accord avec le CEB « the annual capacity charges provided that Rs 919 million were to be paid as non-debt component » et des répercussions significatives sur l’Internal Rate of Return (IRR). Cet aspect du projet avait fait l’objet de protestations du ministère des Finances lors de la réunion du Board du CEB du 18 décembre, provoquant la réunion spéciale du 27 décembre.
Par ailleurs, un autre facteur pourrait très bientôt affecter le secteur énergétique à Maurice. Des premières indications soutiennent que des experts de la Singapore Cooperation Enterprise ont recommandé l’abandon de l’exploitation des centrales hydro-électriques dans le cadre de la restructuration du secteur de l’eau. Les centrales hydro représentent une capacité de 25 MW en moyenne.
Après analyses des faits et des projections des besoins en eau potable pour les années à venir, les Singapouriens avancent que la fermeture de ces centrales hydro devra permettre d’économiser de l’eau à être canalisée dans le circuit de distribution de la CWA pour satisfaire les besoins domestiques.
A ce stade, aucun détail n’a encore transpiré quant à la position du ministère des Utilités publiques sur cette proposition. Toutefois, tout retrait des centrales hydro dans le système du CEB nécessitera son remplacement par un autre combustible plus polluant au grand dam des militants anti-charbon.
Par ailleurs, avec Bejisa dans les parages, le programme de débarquement de produits pétroliers à bord du Red Eagle a été remis en question. Dans l’après-midi du 1er janvier, le pétrolier avec sa cargaison de Black Oil et de White Oil, a été ordonné de quitter la rade de Port-Louis. Le retour à quai n’a été autorisé que tard dans la matinée d’hier.
Avec quatre jours de retard accumulés, le prochain embarquement pétrolier du Red Eagle à Mangalore pour Maurice prévu pour le 10 janvier est devenu quasi impossible et a été annulé. La State Trading Corporation (STC) a engagé des négociations avec les autorités indiennes pour un embarquement vers le 16 janvier et un accostage à Port-Louis vers le 23. La STC tient à rassurer que ce décalage dans le programme n’aura aucune incidence sur l’approvisionnement pétrolier sur le marché local. « The deferred shipment will have no impact on stocks as consumption went down during the end of year and cyclonic-related disruptions of economic and social activities », fait-on comprendre de sources officielles.
Toutefois, d’autres milieux affirment que tout le dossier d’installations additionnelles de stockage pétrolier doit être traité en urgence. Le projet initial de capacité additionnelle de 25 000 tonnes, soit 15 000 tonnes pour le diesel et 10 000 tonnes d’essence, de la STC, a été attribué au secteur privé. Désormais, le projet revu prévoit que la capacité a été réduite à la baisse — 15 000 tonnes seulement.
Cet accroissement de la capacité de stockage s’impose en raison de la croissance de la consommation avec des risques de rupture de stock en cas de problème en approvisionnement. Avec des investissements de Rs 750 millions, la STC prévoyait d’opérer ces nouvelles facilités à partir de juin prochain. Le changement avec le choix des opérateurs du privé fait que les installations ne devront être prêtes qu’à partir de 2015 en raison d’un retard accumulé.
Enter-temps, des cuves de mélasse devront être reconverties pour stocker des produits pétroliers de Class B, soit l’huile lourde et et les autres réservoirs recevant des produits de Class A, interdits dans des zones d’habitation ou de travail en raison des risques à la sécurité.
En tout cas, un autre dossier brûlant et incontournable en 2014…