Avec les échéances se précisant, que ce soit au niveau du calendrier de travail de la National Energy Commission, présidée par Dev Manraj, Senior Adviser au Prime Minister’s Office, ou de celui des négociations entre le Central Electricity Board et CT Power (Mauritius) Ltd, une étape cruciale devra être franchie d’ici la fin du mois. Depuis le début de la semaine, les représentants du CEB et les promoteurs de CT Power (Mauritius) mettent la dernière main aux discussions en vue du démarrage des travaux sur le chantier de Pointe-aux-Caves, Albion, dans la perspective de respecter l’enjeu de l’entrée en opération de cette centrale de 100 MW à partir de 2015/2016. En parallèle, des militants de la campagne “No to Coal” cachent difficilement leurs appréhensions devant les pressions exercées en vue de renverser la tendance pour privilégier des centrales thermiques à charbon dans les années à venir.
Les informations recueillies de sources concordantes indiquent que depuis cette semaine, le projet de centrale thermique de CT Power aborde son va-tout avec des séances de travail de haut niveau avec le CEB. En toile de fond de ces échanges, figurent les 31 conditions imposées aux promoteurs dans le cadre de l’Environment Impact Assessment (EIA) Licence octroyée en début d’année. À ce stade, le sentiment général est que la mise en application de ces exigences sur le plan de l’environnement pourrait influer de manière défavorable sur le coût de production du kilowattheure de la centrale de Pointe-aux-Caves.
Des milieux proches de ces discussions avancent que le coût de CT Power (Mauritius) pourrait être en moyenne de Rs 4.50 l’unité ou encore varier entre Rs 3.75 et Rs 5, dépendant des critères d’analyses adoptés. Comparativement, le coût du KWh à partir de l’huile lourde est estimé à environ Rs 5 alors que du côté des Independent Power Producers, brûlant du charbon et de la bagasse, l’unité générée est en moyenne de Rs 3.30.
D’aucuns affirment que les dépenses supplémentaires pour respecter les conditions de l’EIA Licence pourraient être contrebalancées par des facteurs favorables survenus depuis la signature de l’accord formel entre le CEB et CT Power (Mauritius) Ltd sans aucune influence défavorable sur le coût de production. Des spécialistes soutiennent que depuis la signature du contrat à ce jour, le cours du charbon sur le marché international a accusé une baisse de l’ordre de 25 %. Un de ceux concernés ajoute que le prix de la tonne de charbon importé est inférieur de Rs 1 400 aujourd’hui. Des économies conséquentes sont possibles si cette tendance à la baisse du cours du charbon se maintient dans les mois à venir. Aux termes de l’accord, le CEB se voit confier la responsabilité d’assurer l’approvisionnement de la centrale de CT Power à Albion en charbon importé d’Afrique du Sud.
Deux autres facteurs majeurs entrant dans le Business Plan de CT Power sont l’évolution du taux de change du dollar américain sur le marché international et la possibilité de bénéficier de conditions de prêts plus favorables, notamment en termes de taux d’intérêts, pour le montage financier de ce projet coûtant un peu plus de Rs 5 milliards.
Jusqu’ici, très peu de détails ont transpiré des consultations entre le CEB et CT Power (Mauritius) Ltd. Toutefois, la préoccupation majeure est de conclure les négociations dans les meilleurs délais pour éviter de se retrouver « Behind Schedule » aux termes de l’Integrated Energy Plan 2012/2013.
Ce plan comprend un volet à court terme en cinq points, soit la Generation Plant Addition, comme suit :
le projet prioritaire de CT Power de 100 MW, présenté comme le « next major plant addition » en 2015/16 au plus tard,
l’entrée en opération de la centrale hydroélectrique de Midlands avec une capacité de 350 KW cette année,
la mise sur réseau à partir de 2014 de l’énergie électrique générée par le Curepipe Point (Plaine-Sophie) Wind Farm d’une « Installed Capacity » de 29,4 MW,
le démarrage d’un projet de parc photovoltaïque de 10 MW par le CEB à partir de 2014 et
également un 15 Medium Voltage PV Farm de 15 MW, qui est encore à l’étude au CEB.
D’autre part, après les 100 MW de CT Power à Albion, le CEB envisage l’entrée en opération de deux autres centrales de 50 MW chacune entre 2017 et 2021 dans cette même région d’Albion.
De leur côté, les militants anti-charbon se préparent à contrer cette nouvelle offensive pour la multiplication des centrales thermiques à charbon. Le bras de fer se profile au niveau de la National Energy Commission, qui devra soumettre très bientôt un premier rapport général sur la base des paramètres du mandat défini par le conseil des ministres.
Commentant les dernières initiatives formelles favorisant le charbon en tant que combustible majeur, Ashok Subron de Rezistans & Alternativ dénonce ces tractations derrière les rideaux. « Rezistans ek Alternativ an prezans bann linformasyon troublan lor bann lobi ek vested interest ki pe sey manevre pou sey inflians bann rekomandasyon NEC. Enn kote ena lobi CT Power dan Leta ki pe fer tou pou dir ki pa kapav remet an kestyon seki CEB inn fini sinye mem si li pa dan lintere piblik ek pei alon term. Ek lot kote ena lobi IPP-Bagas/Sarbo, ki pe fer tou ki pena enn politik pou phase out bann IPP ekzistan, ek pe mem lobi pou instalsyon bann nouvo IPP –bagas-sarbon », fait-il comprendre.
Rezistans & Alternativ et les autres organisations citoyennes réitèrent leur demande pour un gel des projets de centrales thermiques à bagasse et à charbon. En prévision de la publication du prochain rapport de la Commission Nationale sur l’Énergie, Ashok Subron s’appesantit sur le fait que « Rezistans ek Alternativ lans enn sever miz-an-gard a bann reprezantan dan NEC pou zot pa devinn obzektivman bann port parol bann vested interest : lobi Sarbon CT Power oubien atrap nigo reprezante par bagas-sarbon. Se inikman lintere piblik, lekolozi ek inperatif inkontournab devlopman lenerzi ki bizin gid zot rapor. »