Les militants du Kolektif Enerzi Renouvelab (KLR) prennent ces jours-ci l’initiative pour un recadrage de la problématique du charbon de terre dans le cadre de la production d’énergie électrique. Après les conclusions du rapport de la National Energy Commission, présidée par le secrétaire financier, Dev Manraj, de nouveaux espoirs étaient entretenus quant à l’importance des énergies renouvelables. Avec les projets de centrales thermiques à charbon d’Alteo dans le sillage de la centralisation de la sucrerie de Deep-River/Beau-Champ et le retour en force de la centrale de 100 MW de CT Power à Pointe-aux-Caves, de graves appréhensions sont entretenues dans le camp des militants No-To-Coal. Dans une tentative d’une remise en perspective, le directeur exécutif de la commission Maurice Ile Durable (MID), Osman Mohamed, s’est retrouvé «in the line of fire »du Kolektif Enerzi Renouvelab.
Au nom de KLR, Michel Chiffone, Yan Hookoomsing, Kari Jaufeerally et Veena Dholah ont signé une correspondance à l’attention du MID pour faire part de leurs inquiétudes. “De graves inquiétudes pèsent sur l’objectif MID d’avoir d’ici 2025 35% de notre électricité produite à partir des énergies renouvelables (ER)”, font-ils comprendre en contestant les affirmations d’Osman Mohamed à l’effet que la part des énergies renouvelables devra atteindre les 23% en 2015.
“La remontée de la part des ER à 23% d’ici fin 2015 ne sera que temporaire et sera totalement anéantie après 2015 par Alteo et CT Power. En effet, la part des ER fin 2017 va chuter à 17.9% dans la production d’électricité. Cette chute confirmera la tendance d’ensemble depuis 10 ans de diminution constante de la part des ER”, font-ils comprendre. “De 2005 à aujourd’hui, la part des énergies renouvelables est passée de 27,4% à 20,7% pour descendre à 17,9% en 2017”,rajoutent-ils.
Pour étayer leurs dires quant au chiffre de 17,9% en 2017, les animateurs de Kolektif Enerzi Renouvelab rappellent que la production annuelle d’électricité est de 2800 GWh, dont 578 GWh à partir des ER. Le CEB ajoutera au moins 170 GWh par an avec la mise en service de nouveaux moteurs à la centrale de Saint-Louis
Alteo sera à quelque 50 GWh par an, CT Power 788 GWh environ par an à la fin de 2017, soit 100 MW x 24 heures x 365 jours en fonctionnant à 90% les 39 MW de centrales éoliennes (vent) devront représenter 85 GWh par an, soit 39 MW x 6 heures de capacité maximale par jour x 365 jours les 25 MW de centrales solaires photovoltaïques (PV).
“Au total, fin 2017, la production de courant va passer à environ 3 935 GWh, total qui comprend 705 GWh pour l’électricité produite à partir des ER (578 actuellement + 85 éoliens + 42 solaire). 705 sur 3900 = 17.9%, telle sera donc la part des ER à 8 années à peine de l’objectif des 35%”, font ressortir les représentants du Kolektif Enerzi Renouvelab.
A partir de ce constat, le directeur de la Commission Maurice Ile Durable est soumis à un véritable barrage de questions de la part de militants anti-charbon, dont, “êtes-vous d’accord que le projet CT Power est contraire à MID ?  Est-vous d’accord avec le taux de 17.9% comme part des ER dans la production d’électricité en fin 2017? Si oui, comment allons-nous faire pour atteindre MID ? Si non, quelle sera alors, selon vous, la part des ER avec CT Power et quels sont les calculs qui vous amènent à un résultat différent du nôtre? La Commission MID et le Fonds MID ont-ils établi quelle sera la part des ER en 2019, en 2021 et en 2023 avant l’échéance de 2025 ? Est-ce que la commission MID et le Fonds MID sont d’accord que le projet Alteo est contraire au MID ?”
En conclusion à la lettre officielle, Kolekrif Enerzi Renouvelab avance que “la Commission MID et le Comité pour le Fonds MID étant des institutions publiques, entièrement financées par les contribuables et décidant de l’avenir de la population et des générations futures, il est légitime que les citoyens viennent demander des explications et s’attendent à recevoir une réponse claire, franche et dans un délai raisonnable. Nous espérons donc qu’en ces temps de suspension indéfinie du Parlement, d’autres institutions publiques, elles, sauront assumer leur devoir de transparence et d’accountability envers les citoyens.”