Après une période d’accalmie, principalement en raison de l’indisponibilité pour raison de santé de Dev Manraj, Senior Adviser au Prime Minister’s Office (PMO), la National Energy Commission (NEC) a repris du service en ce début de juillet. La réunion plénière de jeudi a été l’occasion pour les membres de la NEC de remettre en perspective le programme de travail sur le plan énergétique, avec notamment le projet de centrale thermique à charbon de 100 MW de CT Power (Mauritius) Ltd à Pointe-aux-Caves, Albion, en filigrane. La principale échéance de la Commission Manraj demeure la soumission prochaine d’un premier rapport sur les perspectives de génération d’énergie électrique. A l’Assemblée nationale, le Premier ministre adjoint et ministre des Utilités publiques, Rashid Beebeejaun, avait annoncé la publication de ce document pour la fin de mai.
Mais à la mi-juillet, il n’y a aucune indication quant à l’imminence de cette étape. La principale raison reste la réticence de deux stakeholders majeurs, soit le Central Electricity Board (CEB) et CT Power (Mauritius) LTD, à honorer leurs obligations. Jusqu’à la fin de la semaine, ni le CEB, ni CT Power n’ont soumis des éléments de réponse à un questionnaire de la NEC soumis en avril dernier.
Dans un premier temps, la direction générale du CEB avait demandé à la NEC de lui transmettre de nouveau les questions retenues. Même si la demande du CEB a été satisfaite, la NEC est restée sur sa faim. Ainsi, lors des délibérations de jeudi dernier, la commission Manraj a entériné le principe d’un ultimatum au CEB pour des réponses aux interrogations en vue de les intégrer au premier rapport officiel de la NEC.
Ce développement confirme que l’état des relations entre la NEC et le CEB ne s’est nullement amélioré au fil des mois. Le principal point d’animosité a été la décision unilatérale du CEB de rendre public l’Integrated Energy Plan (IEP) pour les dix prochaines années, alors que l’une des attributions de la NEC est de se pencher sur le potentiel de production d’énergie électrique pour les dix prochaines années et d’établir des scénarios.
Les hypothèses retenues par les responsables du CEB en vue de justifier la mise en chantier d’importants projets, dont les 100 MW de CT Power, sont remises en cause au niveau de la NEC. Le questionnaire a été rédigé en vue d’éclairer la lanterne de la Commission Manraj à ce sujet, mais il semblerait que cette dernière est loin d’afficher la satisfaction à ce chapitre.